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Mardi 24 janvier 2006

 

Trois nouveaux cas successifs d´enfants importunés par un homme ont motivé l´établissement scolaire à avertir les parents et la police à mettre en place une surveillance.

 

Madeleine schürch

 

Publié le 19 janvier 2006

 

Trois écoliers ont été abordés ou agrippés par un inconnu ces derniers jours dans la région d´Aubonne. Comme cela avait été le cas en novembre, après que des enfants ont été importunés à Etoy et Buchillon, la direction des écoles a écrit une lettre d´avertissement aux parents. La police a mis en place une surveillance.

 

Le jeudi 12 janvier, une fillette qui rentrait de l´école chez elle à Aubonne a été importunée par un inconnu vers le tunnel reliant la rue Général-Boinod à la ruelle du Soleil-Levant. Elle s´est enfuie en courant. Le lundi suivant, un cas similaire s´est produit à Lavigny, un village voisin, avec un garçon, lui aussi âgé d´environ 9 ans. Enfin, pas plus tard que mardi dernier, un troisième écolier était abordé par un inconnu à Aubonne.

 

Nouvelle série

 

Les enfants n´ont subi aucune agression physique ou verbale. L´homme, qui était à pied, a une fois agrippé un sac d´école, une fois un bras et a suivi l´un des enfants. Ces événements ont motivé le directeur des écoles, Benoît Mesnier, à envoyer une nouvelle mise en garde aux parents d´élèves et la gendarmerie à mettre en place une surveillance.

 

En novembre dernier, en effet, il avait déjà informé les familles de cas suspects survenus à Etoy et Buchillon en septembre ( 24 heures du 10 décembre 2005). Plusieurs enfants avaient été abordés par un homme circulant à bord d´une petite voiture blanche. Il proposait parfois des bonbons pour attirer les gosses. «Nous pensons qu´un même bonhomme agissait dans ces villages de La Côte où nous avons enregistré une dizaine de cas sur une année», analyse aujourd´hui Jean-Yves Lavanchy, chef de la brigade des mineurs. Dans cette série dite «du vignoble», il s´agissait d´un homme plutôt âgé. A Aubonne, il s´agit d´un piéton, un homme grand selon les enfants, mais dont le signalement reste vague. Le fait que l´inconnu ne parle pas, qu´il aborde indistinctement filles et garçons, laisse penser à la police qu´il ne s´agit pas d´un pédophile et qu´il n´est pas dangereux. Il pourrait tout simplement s´agir d´un pensionnaire d´une institution pour handicapés de la région.

 

par 24 heures CH publié dans : LES VICTIMES
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Mardi 24 janvier 2006

Condamné à mort et exécuté en 1976, Christian Ranucci a donné lieu à plusieurs ouvrages infirmant ou prouvant sa culpabilité... Dernier rebondissement en date : la présence de Michel Fourniret sur les lieux du crime de Marie-Dolorès Rambla en 1974.

 

Alors que le drame d'Outreau est le procès le plus médiatique de la justice, une autre affaire, beaucoup plus ancienne, vient d'être réveillée dans le cadre des enquêtes sur le tueur en série Michel Fourniret, l'affaire Christian Ranucci. Ce jeune Marseillais avait été condamné à mort, puis exécuté en 1976, pour le meurtre, deux années auparavant de Marie-Dolorès Rambla, une fillette de neuf ans. En dépit d'aveux donnés aux gendarmes, certains éléments (dont la présence du célèbre pull-over rouge, trouvé à proximité des lieux du crime, trop grand pour qu'il s'agisse de celui de Ranucci) ont laissé certains journalistes explorer la piste d'une innocence de Christian Ranucci (dont Gilles Perrault et son fameux livre Le pull-over rouge). On croyait l'affaire définitivement enterrée, quand Gérard Bouladou, responsable de l'investigation, répondit au livre de Perrault avec son livre L'affaire du pull-over rouge : Ranucci coupable ! en démontant les thèses de Perrault.

 

Mais un dernier rebondissement est arrivé hier à l'AFP : Michel Fourniret, tueur en série accusé d'avoir tué une quinzaine de fillettes ou de femmes entre 1987 et 2001, aurait séjourné l'année du meurtre de Marie-Dolorès Rambla dans la région de l'étang de Berre. A l'époque, il aurait eu comme véhicule une Peugeot 304... tout comme Christian Ranucci (dont la voiture avait été identifiée par plusieurs témoins). D'où un doute, à nouveau, sur la culpabilité de ce dernier.

 

Il existe en effet un précédent, avec l'affaire Patrick Dils, condamné pour le meurtre de deux garçonnets le 26 avril 1986. A l'époque, il avait seize ans, et considéré comme un peu immature, il sera condamné en dépit d'un  emploi du temps incompatible avec le crime. Quinze ans plus tard, Patrick Dils sera libéré, grâce à un élément supplémentaire : la présence sur les lieux du crime du tueur en série Francis Heaulme, qui avouera être le seul coupable du crime. On se souvient également de l'interpellation d'un marginal SDF, Patrice Padé, qui avouera le meurtre de la jeune Anglaise Caroline Dickinson, à Pleine-Fougères, en 1996. Jugé coupable un peu trop rapidement par le juge d'instruction, Padé sera disculpé grâce aux tests ADN. Le vrai coupable, Francisco Arce Montes, sera interpellé le 2 avril 2001.

 

La découverte du séjour de Fourniret dans la région marseillaise fait donc planer une crainte terrible : et si, à l'image de Dils ou Padé, Ranucci avait payé pour un autre ? La différence, par rapport à l'affaire Padé, est que les tests ADN n'existaient pas en 1976, alors qu'ils auraient pu (sous certaines réserves néanmoins) disculper ou inculper Ranucci. La différence aussi, par rapport à l'affaire Patrick Dils, est que la reconstitution était sujette à caution dans le cas Dils, alors que Bouladou défend la fiabilité de la reconstitution du meurtre de Marie-Dolorès Rambla.

 

Il n'empêche que cette nouvelle piste sème encore une fois le doute dans une affaire où Ranucci a été condamné à mort, bien que la famille Rambla, par l'intermédiaire de son avocat Cyrille Collard, ait demandé une peine de prison à perpétuité. Et il n'eut pas droit à la grâce présidentielle, malgré les mots du président Giscard d'Estaing, déclarant avoir "horreur de la peine de mort". Cherchez l'erreur : à la même époque, Patrick Henry, dont la culpabilité ne faisait aucun doute et qui plaidait coupable du meurtre de Philippe Bertrand, a échappé à la peine capitale. Ranucci, en dépit de doutes relancés par l'affaire Fourniret, et qui plaidait innocent, a été condamné à la guillotine. Pourvu qu'il ait été coupable...

par AgoraVox - Ludovic Charpentier publié dans : LES VICTIMES
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