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Dix-sept des 61 condamnés du procès pour pédophilie d'Angers ont finalement fait appel du verdict prononcé le 27 juillet par la cour d'assises du Maine-et-Loire, a-t-on appris vendredi auprès du parquet.
Ils avaient jusqu'à jeudi minuit pour se prononcer.
Seize des 17 appelants sont des hommes. Parmi eux, figure Franck V., considéré comme l'un des organisateurs du réseau de pédophilie, qui avait été condamné à 18 ans de réclusion, dont 12 ans de sûreté. Son ex-épouse Patricia M., condamnée à 16 ans de réclusion, n'a en revanche pas fait appel. Son père Philippe V., récidiviste condamné à 28 ans de réclusion dont 18 ans de sûreté, avait dans un premier temps interjeté appel avant de se désister.
Eric J., l'un des récidivistes les plus lourdement condamnés avec 28 ans de réclusion dont une peine de sûreté de 18 ans, a en revanche fait appel, ainsi que son frère Jean-Marc, lui aussi récidiviste, condamné à 26 ans de réclusion notamment pour viols sur 3 mineurs et agression sexuelles sur 4 enfants.
Didier R., considéré comme "le proxénète" du réseau, condamné à 18 ans, a aussi décidé de faire appel, tout comme son frère Philippe, condamné à 19 ans pour viols sur 2 mineurs et agressions sexuelles sur 7.
Sept autres accusés condamnés à des peines allant de 5 à 17 ans de réclusion et qui sont en détention ont également interjeté appel, ainsi que trois accusés qui comparaissaient libres mais devront finir de purger leur peine si leur condamnation est confirmée et qu'un journaliste condamné à six mois d'emprisonnement et ayant effectué sa peine en détention provisoire.
Une seule des 25 femmes condamnées a fait appel, Karine R., assistante sociale reconnue coupable de non dénonciation d'agressions sexuelles sur 4 mineurs dont ses deux filles.
Cette jeune femme de 32 ans a été condamnée à un an de prison dont six mois avec sursis, une peine déjà purgée en détention provisoire. Sa défense avait plaidé l'acquittement. "Le verdict rendu n'entame en rien ma conviction sur l'innocence de ma cliente", a souligné Me Deboosere-Lepidi.
"Pour la plupart, ceux qui font appels sont ceux qui ont refusé de s'expliquer durant le procès. Ils continuent d'aller dans le mur", a estimé Me Alain Fouquet, avocat de la partie civile.
"Ils sont dans la logique de leur plaidoirie, puisque nombre d'entre avaient plaidé l'acquittement. mais ils prennent un gros risque", a ajouté Me Jacques Monier, autre avocat de la partie civile.
Au total, dix des 17 appelants avaient plaidé l'acquittement total, et les autres des acquittements partiels ou des réductions de peine.
La chambre criminelle devra désigner prochainement la cour d'assises devant laquelle comparaîtront les appelants.
"En principe, on essaie de garder le même ressort de cour d'appel, mais dans un cas comme celui-ci, les critères de choix ne sont pas les mêmes", a expliqué le substitut général du procureur Frédérique Piteux.
Le procès pourrait donc avoir lieu devant une cour d'assises des Pays-de-la-Loire, mais aussi à Rennes voire à Paris. "On nous avait dit que s'il y avait plus de dix appels, cela aurait lieu à Paris", selon Me Jacques Monier, avocat des parties civiles.

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