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Samedi 8 avril 2006

L'un des dix enfants parties civiles dans le procès pour des viols sur mineurs à Outreau et au Portel de ses parents, sa grand-mère, et quatre oncles et tantes, a fait état pour la première fois d'un viol, mercredi devant les assises du Pas-de-Calais, alors qu'il s'était toujours tu.

 

Entendu à huis clos à Saint-Omer, Patrice, âgé aujourd'hui de 13 ans, a affirmé avoir assisté au viol de sa cousine Jessica par son père, Patrick D., et ses deux oncles Didier et Sylvain D., trois des sept accusés, ont raconté la défense et la partie civile.

 

Il a situé ce viol "dans la chambre de sa grand-mère", également accusée, et "avant son placement" en famille d'accueil à l'âge de huit ans, a rapporté en marge de l'audience l'avocat de Patrice, Me Marc Pantaloni.

 

Patrice, le quatrième enfant entendu devant les assises, est le premier à varier par rapport à ses déclarations lors de l'instruction. Jusque-là, il avait dit n'avoir jamais été victime, ni témoin de viols ou d'agressions sexuelles.

 

"Le dossier est déverrouillé. On a Jessica, qui dit une chose, on a (le frère de Jessica) Boris, qui dit la même chose, et on a maintenant Patrice qui parle alors que jusque-là il n'avait rien dit", a commenté Me Pantaloni.

 

De son côté, la défense s'est insurgée contre un "témoignage téléguidé" par les avocats de l'enfant.

 

"Aujourd'hui il nous fait cette révélation soi-disant spontanée. Mais il n'y a pas d'autre témoin. Et quand il voit des experts, quand il voit des policiers, il n'en parle pas", a estimé en marge de l'audience l'avocat de l'une des accusés, Me Frank Berton.

 

Me Berton a également évoqué "la haine terrible" de Patrice pour sa famille, déjà relevée par les experts psychologues.

 

Ce rebondissement est intervenu après un vif échange entre la défense et la partie civile, Me Berton pour la défense demandant à Patrice ce que lui avaient dit ses avocats avant son audition, la partie civile brandissant le droit pour un avocat de s'entretenir librement du dossier avec son client.

 

Patrice, pris au milieu de ces invectives, a alors crié "arrêtez!", suscitant un silence glacial, ont rapporté les avocats. Après une suspension d'audience, il est revenu à la barre témoigner de ce viol.

 

Les révélations de Patrice ont bouleversé son père Patrick, un accusé combatif jusque-là, qui a quitté l'audience en pleurant.

 

Quatre accusés sont poursuivis dans ce procès pour le viol de Patrice, six pour l'avoir agressé sexuellement, des faits que l'enfant nie avoir subis.

 

L'audience doit se poursuivre jeudi. Le verdict est attendu le 14 avril.

par AFP - publié dans : PROCES SAINT OMER (OUTREAU 2)
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Samedi 8 avril 2006

 

Plus de la moitié des pays membres d'Interpol n'ont aucune loi criminalisant la pornographie enfantine, tandis que beaucoup d'autres ont des lois insuffisantes dans ce domaine, révèle un rapport rendu public jeudi.

 

Dans 138 pays, la possession de pornographie enfantine n'est pas un crime et dans 122 pays, aucune loi ne porte spécifiquement sur la distribution de la pornographie enfantine sur l'internet, a indiqué lors d'une conférence de presse le Centre international pour les enfants disparus et exploités (ICMEC) qui a rédigé cette étude en collaboration avec Interpol.

 

Les lois de chacun des 184 pays membres d'Interpol ont été examinées selon cinq critères: existe-t-il des lois portant spécifiquement sur la pornographie enfantine, fournissant une définition légale de la pornographie enfantine, criminalisant expressément les délits assistés par ordinateur, criminalisant la possession de pornographie enfantine indépendamment de l'intention de la diffuser ou non, exigeant que les fournisseurs d'accès à l'internet (FAI) signalent les cas suspects de pornographie enfantine à la police ou tout autre organisme mandaté.

 

Seuls cinq pays dans le monde - l'Australie, la Belgique, la France, les Etats-Unis et l'Afrique du Sud - font exception en souscrivant à ces critères et en ayant adopté une loi suffisamment rigoureuse pour lutter contre ce crime, indique le rapport.

 

Par ailleurs, 22 pays seulement ont satisfait à tous les critères à l'exception du dernier, portant sur le signalement par les FAI.

 

"Les gens doivent comprendre que chaque fois que l'image d'un enfant exploité sexuellement est échangée, imprimée ou téléchargée, l'enfant sur la photo devient à nouveau une victime", a déclaré pour sa part Ernie Allen président de ICMEC.

 

Il a par ailleurs regretté que "de nombreux leaders mondiaux ne reconnaissent pas que la pornographie enfantine est devenue une industrie de plusieurs milliards de dollars et que les enfants de la planète en paient le prix".

 

Bien que difficile à mesurer, le phénomène de la pornographie enfantine ne cesse de s'amplifier et a véritablement explosé avec l'arrivée de l'internet, relève par ailleurs le rapport.

 

Par ailleurs, à l'automne 2006, le ICMEC lancera avec Interpol un Centre international d'informations (International Resource Center ou IRC), basé sur l'internet et qui contiendra des informations publiques et privées destinées à faciliter les enquêtes de la police.

 

par AFP - ms/tes publié dans : PLUS JAMAIS
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