L'Anjou se retrouve plongé depuis une semaine dans une nouvelle affaire de sévices sexuels sur mineurs, quelques mois après le choc du procès d'Angers, le plus grand jamais organisé en France pour pédophilie.
La justice insiste sur l'absence de relation entre les deux affaires. "Il n'y a pas en l'état de lien" entre l'affaire Aurélia et le procès qui avait abouti à la condamnation de 61 personnes, dont certaines à la prison ferme, en juillet à Angers, a indiqué vendredi une source judiciaire à l'AFP.
Partie de la plainte d'une adolescente en janvier 2002, l'affaire de pédophilie d'Angers n'avait révélé que progressivement son ampleur exceptionnelle.
Au début, sept personnes avaient été mises en examen pour viols sur une vingtaine d'enfants de 2 à 12 ans. L'instruction s'était ensuite accélérée: le nombre de personnes poursuivies était passé à 35 en mai 2002, puis à 47 en octobre, avant de dépasser 60.
"Comme dans toutes les affaires de moeurs, le plus difficile a été de recueillir le témoignage des enfants", expliquait en février, avant le début du procès, Hervé Lollic, vice-procureur d'Angers.
Dans l'affaire lancée par l'enlèvement d'Aurélia, les enquêteurs sont au stade de l'identification des éventuelles victimes de Dominique G., 36 ans, et de son épouse Alfreda, 30 ans, interpellés mardi, 24 heures après avoir relâché la fillette de 6 ans enlevée dimanche après-midi.
Au cours de sa garde à vue, Dominique G. a avoué des viols et des agressions sur une dizaine de fillettes de 3 à 12 ans, essentiellement depuis le début de l'année.
L'enquête sera longue, a prévenu la procureure d'Angers, Brigitte Angibaud, pour qui "on peut s'attendre à un travail d'un ou deux ans".
En l'état actuel, les enquêteurs n'évoquent pas l'existence d'un réseau. Le couple a "agi seul", "les victimes sont issus de leur cercle de relations et les faits se seraient essentiellement passés au domicile, notamment quand ils gardaient des enfants", a indiqué la procureure.
Placés en détention provisoire, Dominique G. et son épouse, sans antécédent judiciaire, encourent une peine de 30 ans de réclusion criminelle.
Deux autres affaires de pédophilie avaient déjà défrayé la région rurale du Maine-et-Loire où réside le couple, autour de Cholet.
En 2001, une mère de famille et son mari, habitant Jallais, où la petite Aurélia a été enlevé, ont été condamnés à 17 et 12 ans de prison ferme pour avoir prostitué leurs quatre filles.
En 1994 étaient condamnées vingt autres personnes, impliquées dans une affaire ayant éclaté trois ans plus tôt, à Beaupréau. Pendant cinq ans, les parents de deux jeunes filles et d'un garçon les avaient livrés, ainsi qu'une nièce, à des clients contre de l'argent ou de menus cadeaux.
Par ailleurs, quatre condamnés du procès d'Angers ont été récemment mis en examen à Laval, avec une dizaine d'autres personnes, dans l'enquête sur un réseau présumé de pédophiles découvert en Mayenne. Comme dans l'affaire d'Angers, la plupart des personnes mises en cause sont "des majeurs protégés", d'un niveau culturel faible, selon une source judiciaire.
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