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Dimanche 27 novembre 2005

L'Anjou se retrouve plongé depuis une semaine dans une nouvelle affaire de sévices sexuels sur mineurs, quelques mois après le choc du procès d'Angers, le plus grand jamais organisé en France pour pédophilie.

 

La justice insiste sur l'absence de relation entre les deux affaires. "Il n'y a pas en l'état de lien" entre l'affaire Aurélia et le procès qui avait abouti à la condamnation de 61 personnes, dont certaines à la prison ferme, en juillet à Angers, a indiqué vendredi une source judiciaire à l'AFP.

 

Partie de la plainte d'une adolescente en janvier 2002, l'affaire de pédophilie d'Angers n'avait révélé que progressivement son ampleur exceptionnelle.

 

Au début, sept personnes avaient été mises en examen pour viols sur une vingtaine d'enfants de 2 à 12 ans. L'instruction s'était ensuite accélérée: le nombre de personnes poursuivies était passé à 35 en mai 2002, puis à 47 en octobre, avant de dépasser 60.

 

"Comme dans toutes les affaires de moeurs, le plus difficile a été de recueillir le témoignage des enfants", expliquait en février, avant le début du procès, Hervé Lollic, vice-procureur d'Angers.

 

Dans l'affaire lancée par l'enlèvement d'Aurélia, les enquêteurs sont au stade de l'identification des éventuelles victimes de Dominique G., 36 ans, et de son épouse Alfreda, 30 ans, interpellés mardi, 24 heures après avoir relâché la fillette de 6 ans enlevée dimanche après-midi.

 

Au cours de sa garde à vue, Dominique G. a avoué des viols et des agressions sur une dizaine de fillettes de 3 à 12 ans, essentiellement depuis le début de l'année.

 

L'enquête sera longue, a prévenu la procureure d'Angers, Brigitte Angibaud, pour qui "on peut s'attendre à un travail d'un ou deux ans".

 

En l'état actuel, les enquêteurs n'évoquent pas l'existence d'un réseau. Le couple a "agi seul", "les victimes sont issus de leur cercle de relations et les faits se seraient essentiellement passés au domicile, notamment quand ils gardaient des enfants", a indiqué la procureure.

 

Placés en détention provisoire, Dominique G. et son épouse, sans antécédent judiciaire, encourent une peine de 30 ans de réclusion criminelle.

 

Deux autres affaires de pédophilie avaient déjà défrayé la région rurale du Maine-et-Loire où réside le couple, autour de Cholet.

 

En 2001, une mère de famille et son mari, habitant Jallais, où la petite Aurélia a été enlevé, ont été condamnés à 17 et 12 ans de prison ferme pour avoir prostitué leurs quatre filles.

 

En 1994 étaient condamnées vingt autres personnes, impliquées dans une affaire ayant éclaté trois ans plus tôt, à Beaupréau. Pendant cinq ans, les parents de deux jeunes filles et d'un garçon les avaient livrés, ainsi qu'une nièce, à des clients contre de l'argent ou de menus cadeaux.

 

Par ailleurs, quatre condamnés du procès d'Angers ont été récemment mis en examen à Laval, avec une dizaine d'autres personnes, dans l'enquête sur un réseau présumé de pédophiles découvert en Mayenne. Comme dans l'affaire d'Angers, la plupart des personnes mises en cause sont "des majeurs protégés", d'un niveau culturel faible, selon une source judiciaire.

 

par AFP - publié dans : AURELIA
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Dimanche 27 novembre 2005
La justice va s´efforcer d´identifier les fillettes victimes du ravisseur présumé de la petite Aurélia et de son épouse après leur mise en examen pour des agressions sexuelles ou viols sur une dizaine d´enfants, une enquête qui pourrait durer plusieurs mois.

L´annonce des aveux de Dominique G., 36 ans, a provoqué vendredi une onde de choc dans le village de Villedieu-la-Blouère (Maine-et-Loire), où le couple d´accusés résidait depuis cinq ans. »Les gens sont en colère et ceux qui ont des enfants sont traumatisés», a résumé le patron d´un bar-tabac du centre-ville.

La procureure d´Angers, Brigitte Angibaud, a précisé que »les parents des enfants victimes identifiés avaient été avisés». »Les parents des victimes qui restent à identifier» le seront dès qu´elles seront connues, a-t-elle assuré, sans indiquer le nombre de victimes identifiées.

»Il faut laisser le temps aux (deux) juges» d´instruction saisis, a poursuivi Mme Angibaud.

Au cours de sa garde à vue, le ravisseur présumé a avoué avoir violé ou agressé sexuellement une dizaine de fillettes âgées, selon lui, de 3 à 12 ans. Son épouse Alfréda, 30 ans, a reconnu avoir été présente lors de ces actes.

»Les victimes sont issues de leur cercle de relations et les faits se seraient passés essentiellement au domicile» du couple, selon la procureure qui a indiqué que la femme »proposait à ses relations de garder leurs enfants».

Les faits se seraient déroulés récemment, Dominique G., sans emploi et sans antécédent judiciaire, ayant indiqué avoir »eu envie de petites filles» depuis le début de l´année. »C´est à cette période là qu´il a commencé à se mettre en chasse», selon Mme Angibaud.

Dominique et Alfréda ont été placés en détention provisoire dans la nuit de jeudi à vendredi après avoir été mis en examen pour »viols et agressions sexuelles sur mineures (...) commis en réunion» et »tentatives d´enlèvement de mineures de moins de 15 ans». Ils encourent une peine de 30 ans de réclusion criminelle.

Dominique G. a en outre été mis en examen pour »enlèvement et séquestration suivie d´une libération» et »violence avec arme» pour le rapt d´Aurélia. Cette fillette de 6 ans avait été enlevée le 20 novembre alors qu´elle jouait avec sa soeur aînée sur un parking de Jallais (Maine-et-Loire). 36 heures plus tard, elle était relâchée à Cholet et Dominique G. était arrêté mardi soir après un appel de son épouse aux gendarmes.

Dans les prochaines semaines, les enquêteurs vont notamment examiner des cassettes vidéo et le disque dur de l´ordinateur du couple, que Dominique G. a tenté de détruire à coups de burin, notamment pour déterminer s´ils contenaient des images pédophiles. Des échantillons d´ADN ont par ailleurs été prélevés sur le couple.

Si les deux affaires se sont déroulées dans le même département, »il n´y a pas en l´état» de lien entre ce dossier et le procès de pédophilie d´Angers, à l´issue duquel 61 personnes avaient été condamnées en juillet, a souligné vendredi une source judiciaire.

Une juge ayant instruit l´affaire d´Angers, Virginie Parent, a été désignée pour mener l´enquête sur le couple.

La région de Cholet a été le cadre de deux autres affaires graves de pédophilie ces dernières années. En 1994, une mère de famille avait été condamnée à 13 ans de réclusion pour avoir prostitué ses deux filles, son fils et une jeune nièce à Beaupréau. Quelques années plus tard, un couple était condamné pour avoir également prostitué ses quatre enfants à Jallais.
par Tageblatt publié dans : AURELIA
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