Samedi 2 juillet 2005
Une jeune fille de 16 ans a fait une « fugue » de plusieurs jours avec un Italien de 31 ans plus âgé qu´elle, qui l´a filmée pendant leurs ébats. Son père, un habitant de Charleville-Mézières, a déposé plainte.
La remarque est certes commune, mais elle prend ici tout son sens : il y a sur Internet le meilleur et le pire. Le pire, c´est ce qui est arrivé à une famille de Charleville-Mézières en mars dernier. « Le 15 du mois », raconte M. P., un commerçant, on a trouvé une lettre de Léa (*), notre fille alors âgée de 16 ans, dans laquelle elle nous informait avoir quitté la maison pour vivre avec son petit copain. Vous imaginez le choc. On est allés dans sa chambre, on a cherché dans ses affaires pour finalement trouver le numéro d´une copine. »
Heureusement une photo
La suite ressemble à tout autre chose qu´une fugue « classique », car l´amie en question apprend aux parents morts d´inquiétude qu´en fait de « petit copain », c´est d´un homme de 47 ans de nationalité italienne que leur fille se serait «Êéprise ». Elle a lié contact avec lui sur Internet où l´individu se faisait appeler. Simona. La relation remonte au mois d´août 2004, quand le Turinois est venu dans les Ardennes pour « rendre visite » à Léa.
Les parents vont alors tout faire pour retrouver leur fille. Féru d´informatique, leur fils découvre sur le disque dur de l´ordinateur familial des éléments d´information que l´Italien a pourtant imposé à sa jeune conquête d´effacer. Notamment une photo où on le voit en compagnie d´une mineure et une autre sur laquelle il figure aux côtés de la lycéenne carolo. Et surtout, dans la chambre une nouvelle fois passée au crible, un élément capital sous la forme d´un numéro de téléphone griffonné dans un petit carnet : celui de Simona.
La famille le compose aussitôt : « Je suis tombé directement sur lui », rapporte le père, « et tout en gardant mon calme, je l´ai mis devant ses responsabilités, lui disant que nous disposions de sa photo en compagnie de notre fille. »
Le 16 mars, plusieurs mails tombent sur Internet, manifestement pour brouiller les pistes et M. P. nourrit alors les plus grandes craintes. Après quatre jours, le Turinois accepte enfin de relâcher sa « proie » : le dimanche 20 mars, on retrouve la demoiselle effondrée devant l´entrée du domicile de son frère.
« Elle nous a tout raconté », poursuit le père, comment le Turinois l´avait séduite, comment il l´avait emmenée à l´hôtel pour se livrer avec elle à toutes sortes de jeux sexuels. Pire, l´individu a filmé tous leurs ébats. »
Films porno
Difficile pour lui de raconter avec cette peur rétrospective : « Que serait-il arrivé si nous n´avions pas « coincé » ce gars au moyen de la photo et de son numéro de téléphone ? »
M.P. dit s´être rendu trois fois au commissariat : « Les deux premières, on nous a opposé la majorité sexuelle de notre fille. La troisième, c´est parce qu´elle a parlé des films tournés à l´hôtel que la police a enregistré la plainte ».
Aujourd´hui suivie par un « psy », la jeune fille a indiqué depuis que l´Italien (parfaitement identifié) comptait se rendre en Asie pour faire provision de films pornographiques.
Le père de Léa a adressé une lettre au procureur de Charleville-Mézières, et une autre au magistrat de Turin. Parce que, peut-être, d´autres jeunes filles sont en danger.
(*) Le prénom de la jeune fille a été changé.
par L UNION - René Canal
publié dans :
LES VICTIMES
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