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Vitry-sur-Seine, cité Balzac. Le meurtre de la jeune Sohane, brûlée vive dans un local à poubelles, a été un des événements déclencheurs du mouvement « Ni putes ni soumises » dans les cités. Mais la stèle de marbre élevée en sa mémoire sur la pelouse de l'immeuble est régulièrement profanée. Mais, pendant la reconstitution des faits, sécurisée par une armada de policiers, des messages de soutien sont criés en direction... du coupable présumé. Un article de Jack Dion, paru le 31 mars 2003 dans Marianne (n° 310). |
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« Drôle de spectacle lors de la reconstitution du meurtre de Sohane, lycéenne de 17 ans brûlée vive en octobre dernier dans la cité Balzac, à Vitry-sur-Seine. Le meurtrier présumé, Jamal Derrar, dit « Nono », 19 ans, et qui reconnaît l'ensemble des faits tout en niant avoir eu l'intention de tuer Sohane, a été accueilli par certains comme un héros. On a entendu crier : « Pyro Nono on t'aime », ou « Nono poto pour toujours » (poto comme pote), ou « Nono à jamais », ou bien encore « T'inquiète pas, on va pas t'oublier ». Ces propos ahurissants sont autant de crachats sur la mémoire d'une jeune fille brûlée vive. Ils sont le complément verbal des coups de pieds rageurs qui balaient régulièrement les fleurs déposées sur la stèle commémorative bordant le local à poubelles où Sohane a été aspergée d'essence. Pas question de laisser en place la quelconque marque d'un hommage à une fille qui était forcément une allumeuse avant d'être une allumée, mais surtout pas une victime. Sohane est morte une première fois le 4 octobre 2002, et une seconde le 25 mars 2003. »
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