Vendredi 25 novembre 2005
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Pour la première fois utilisée en France, la méthode américaine semble avoir fait ses preuves dans l´affaire de l´enlèvement de la petite Aurélia, dont le ravisseur présumé a été arrêté mardi soir. Interview de Laurent Cabanes, coordinateur de la plate-forme française SOS Enfants disparus.
- La méthode Amber Alert a été utilisée pour la première fois en France. Une réussite?
- Officiellement, Amber Alerte n´existe pas en France. Des discussions sont en cours au Ministère de la justice. Pour Aurélia, c´est le procureur qui a décidé de lancer la procédure. Il a également affirmé publiquement que, si la fillette était relâchée dans un délai bref, les charges seraient moindres. Tout cela a peut-être joué mais il est trop tôt pour le dire.
- Sur quoi repose cette méthode, utilisée principalement aux Etats-Unis et au Canada?
- Le principe est de diffuser un maximum d´informations car tout se joue dans les premières heures lors d´enlèvements d´enfants. La tradition veut que la police préserve un certain secret, nous sommes là à l´opposé: communiquer un maximum pour que le ravisseur se sente coincé, diffuser l´information aux forces de l´ordre mais aussi au grand public. C´est là que réside la nouveauté.
- Pensez-vous qu´Amber Alert sera prochainement mise en place dans l´Hexagone?
- Des réunions ont lieu la semaine prochaine au Ministère de la santé pour en discuter, elles étaient agendées depuis longtemps. La méthode sera sans doute validée mais des questions restent en suspens, il nous faut un temps de réflexion avant de lancer officiellement le système. Les Etats-Unis ont par exemple un numéro de téléphone dédié à ce genre d´affaires et diffusé en même temps que les informations concernant l´enlèvement dans les médias, sur les autoroutes... Nous devons organiser ce genre de choses, avec des moyens plus réduits.
- L´objectif de cette méthode est-il d´abord de mettre la pression sur le ravisseur ou de favoriser des témoignages?
- Les deux. C´est encore une fois dans les premières heures que tout se joue, c´est statistique. Ou bien l´auteur est décidé à agir, dans ce cas, la diffusion d´informations concernant l´enfant, le véhicule ou lui-même peut aider à le coincer. Ou il est hésitant et nous pouvons le faire céder.
- N´y a-t-il pas un grand risque à le faire pencher vers un assassinat?
- Amber Alert peut aider à retrouver rapidement un enfant dans le cas d´un ravisseur inflexible et c´est là que tout doit aller très vite.
- Quelles sont les conditions requises pour la mise en place d´une telle procédure?
- Le but est de diffuser de l´information, on ne peut donc pas le faire si on ne sait rien. Dire simplement que la petite Aurélia a disparu ne sert à rien. Il faut qu´il y ait eu un témoin de l´enlèvement pour que nous ayons des éléments supplémentaires. Amber Alert est un dispositif prévu pour les enlèvements criminels, or la plupart sont familiaux.
- Sans témoin, aucune procédure d´ampleur n´est donc possible?
- Il y a là tout un questionnement. Si l´on enlève la condition du témoignage, faut-il, par exemple, introduire la notion de l´âge de l´enfant? Il y a en effet plus de probabilités pour qu´un adolescent disparu ait simplement fugué.
- Comment trier rapidement les témoignages reçus dans ce genre d´affaires?
- Nous recevons toujours des centaines de coups de fil, dont beaucoup de farfelus, des gens qui inventent, des radiesthésistes... Il y a toujours quelques éléments de l´enquête qui ne sont pas divulgués au public afin de pouvoir trier tout de suite les témoignages vraisemblables.
- Une grande médiatisation n´implique-t-elle pas des risques de dérives, notamment dans les gardes à vue de personnes innocentes?
- C´est le risque de toutes les procédures. Dès qu´il y a suspicion de pédophilie, par exemple, il y a aussi médiatisation. Dans le cas d´Aurélia, l´identité des personnes interrogées n´a pas été divulguée.
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par 24 HEURES SUISSE
publié dans :
AURELIA
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