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Jeudi 5 mai 2005


ANGERS  - La cour d'assises du Maine-et-Loire à Angers a continué mercredi d'examiner les faits reprochés à Franck V., qui comparaît notamment pour 15 viols, 18 agressions sexuelles et proxénétisme aggravé.
Depuis mardi, Franck V. s'est enfermé dans le silence et ne reconnaît quasiment aucun des faits qui lui sont reprochés. Mercredi, en première partie d'audience, Alain D. et son épouse, également tous les deux sur le banc des accusés, sont pourtant venus raconter à la barre une scène très précise de viols et d'attouchements.
Une scène qui se serait déroulée au domicile des V. le jour de l'anniversaire de la petite Marine V., l'une des principales victimes. Alain D. raconte spontanément: «je suis rentré dans la chambre, j'ai vu Franck et Philippe pantalon baissé, ils touchaient les enfants».
Mais le président Eric Maréchal attend davantage de précisions. Il lui rappelle ses déclarations devant la juge d'instruction. A l'époque Alain D. avait décrit des sodomies et des fellations, mais aujourd'hui sur ses déclarations, explique qu'il a inventé une partie des faits.
Quelques instants plus tard pourtant, Me Alain Fouquet, l'avocat des petites victimes, se montre plus convaincant. Il prend Alain D. par les sentiments. «Vous êtes un homme sensible» et il lui décrit une nouvelle fois très précisément la scène: «ils ont enfoncé leur queue dans l'anus des enfants». Puis il lui demande: «avez-vous vu cela?»; «Oui», lâche finalement Alain D.
Libéré, il en dit alors un peu plus à l'avocat général. Il raconte qu'il a vu Franck V. et son père Philippe nus dans la chambre des enfants avec Marine, Inès et Vincent. Il a vu les deux hommes procéder à des attouchements sur les trois enfants, puis Franck sodomiser Inès et Philippe Vincent. L'avocat général s'étonne: «pourquoi vous regardiez?». «J'étais paralysé», répond Alain D.
Plus tard, sa femme Jacqueline à qui il a raconté la scène reconnaît avoir dit à ce moment-là: «il faut intervenir». Finalement, ils n'ont rien fait.
Franck V., face à ses accusateurs, continue toujours de nier.


par Le Nouvel Observateur - AP publié dans : PROCES D'ANGERS
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Mercredi 4 mai 2005


ANGERS - La cour d'assises du Maine-et-Loir a commencé à examiner les faits au procès de pédophilie d'Angers, s'intéressant notamment depuis mardi au cas de Franck V., l'un des principaux accusés, qui comparaît notamment pour 15 viols, 18 agressions sexuelles et proxénétisme aggravé.
Mercredi durant l'audience, il a été confronté à de nombreux autres accusés. Parmi eux, deux groupes se sont détachés: certains ont semble-t-il compris que ce procès était l'occasion de parler et de raconter tout ce qui a pu se passer, mais d'autres ont choisi de ne pas coopérer et d'opposer leur silence ou leurs dénégations à la cour.
Jacqueline D., la première appelée à la barre, affirme d'emblée qu'elle ne se «rappelle plus». Le président lui rappelle alors ses déclarations devant les enquêteurs. «J'étais sous la contrainte de la police», réplique-t-elle. Au fil de l'interrogatoire, elle lâche tout de même quelques bribes de réponse, ponctuées de «je me rappelle plus». Le président lui fait finalement remarquer que «c'est un peu facile comme réponse».
Un peu plus tard, Magali C., incarcérée et accusée d'agressions sexuelles sur mineurs par ascendant et de proxénétisme aggravé, revient elle aussi sur toutes les déclarations qu'elle a pu faire. «J'ai tout inventé quand j'étais en garde à vue, j'ai dit des mensonges». Et elle tient tête au président qui lui demande à quel moment elle dit la vérité. «Je dis la vérité maintenant. Vous voulez le procès de la vérité ou du mensonge?».
Quant à Véronique R., qui avait décrit au policier-enquêteur et à la juge d'instruction une scène de viol par sodomie sur la petite Marine V., elle interrompt le président avant même la fin de ses questions. «De toutes façons, moi je reviens sur les faits. Il y en a un qui me menace de mort dans cette salle», lance-t-elle d'une voix criarde. Elle explique que c'est Jean-Marie G. Il est assis à quelque sièges d'elle sur la même rangée dans la salle.
Un autre accusé, Georges R., handicapé, avoue à son tour, un peu plus tard qu'il se sent lui aussi menacé. Il affirme qu'il a reçu en prison une lettre d'Eric J., présenté comme l'initiateur du réseau présumé de pédophiles. «Si tu parles au procès, t'es mort. On sait où est ta femme et tes filles», lui aurait écrit Eric J.
Malheureusement, Georges R. a détruit cette lettre et son avocat n'a pas pu la porter au dossier. Face aux questions pressantes de l'avocat général, il accepte de lâcher quelques mots. Il reconnaît qu'il a vu des personnes cagoulées chez les V. , qu'il a vu Patricia, la femme de Franck, prendre des photos et de l'argent circuler. Mais il ne raconte rien de précis et affirme qu'il dira tout lorsque son tour viendra.
A l'inverse, Jacky H., accusé comme Franck de viols, d'agressions sexuelles et de proxénétisme aggravé, finit par décrire après quelques tergiversations, une scène de «partouze» à laquelle il a participé chez les V. Il précise tout de même qu'il n'a pas tout vu car il a «fait un malaise». Il raconte que les V. étaient présents ainsi que les parents D. et Loïc V., aujourd'hui sur le banc des accusés.
En ce qui concerne les enfants, Jacky H. se souvient d'avoir vu les deux filles V., Marine et Inès, avec Emma et Anne D., sans oublier la petite Lucie H., sa propre fille. «Franck caressait les enfants», raconte Jacky. «Il s'est fait faire une fellation par Cassandra».
- Y a-t-il eu sodomie?, l'interroge le président.
- Je ne comprends pas.
- Dans un autre langage, on va dire «enculer», explique le président.
- Oui, avec un doigt.
Jacky H. poursuit sa description de cette «partouze», où «les enfants criaient, certains étaient habillés, d'autres déshabillés. Il y en a qui éjaculaient sur les enfants». Mais tout cela ne fait pas réagir Franck V. Il conserve sa réponse toute prête depuis deux jours: «C'est faux».
Interrogé lors d'une suspension d'audience, Me Alain Fouquet, l'avocat des petites victimes, a exprimé pour sa part qu'il y avait trois groupes d'accusés: «ceux qui ont compris qu'il fallait prendre leurs responsabilités, ceux qui n'auraient jamais dû se trouver là, et puis les blaireaux, ceux qui disent qu'il ne s'est rien passé, je les laisse avec leur conscience».
La confrontation de Franck V. avec les autres accusés, dont son ex-femme Patricia, devait se poursuivre dans la soirée. 

par Stéphanie Lacaze - Le Nouvel Observateur publié dans : PROCES D'ANGERS
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