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par Alexander Ratz
ARLON (AP) - Le principal défenseur de Marc Dutroux, Me Xavier Magnée, a évoqué mardi devant la Cour dŽassises dŽArlon en Belgique lŽinfluence de la «mafia de Charleroi», qui serait co-responsable de lŽenlèvement de six fillettes et de la mort violente de quatre dŽentre elles dans la cave du pédophile en 1995 et 1996.
Marc Dutroux «nŽest pas lŽunique diable», a déclaré Me Magnée, insistant sur les liens étroits entre la police et les criminels dans la ville dŽorigine de son client.
LŽavocat, dont la plaidoirie doit durer toute la journée, a demandé aux douze jurés de ne pas se laisser influencer par lŽopinion publique préfabriquée.
Selon Me Magnée, son client est coupable aux yeux de lŽensemble de la population belge, alors que beaucoup de pistes nŽauraient pas été exploitées au cours des huit ans dŽenquête. Pour la défense, le juge dŽinstruction Jacques Langlois a négligé des pistes, notamment celle de la «mafia de Charleroi», familière de la prostitution et du trafic de drogue.
La ville de Charleroi aurait ainsi hébergé plusieurs établissements douteux pratiquant la prostitution dŽenfants, dont lŽun aurait été équipé dŽune cache dans la cave, a souligné Me Magnée. Les enquêteurs se seraient cependant désintéressés de ces faits.
»Je ne mŽadresse pas seulement à vous en tant quŽavocat, mais également en tant que citoyen et père», a lancé Me Magnée à la Cour, estimant que la justice avait cédé à la pression publique et politique en audiençant un procès malgré une enquête incomplète.
LŽavocat est également revenu sur lŽenlèvement toujours inexpliqué, le 24 juin 1995, de Julie et Mélissa, dont les corps ont été retrouvés un an plus tard dans le jardin de Dutroux.
Selon Me Magnée, Michel Lelièvre, le complice présumé de Dutroux, était capable dŽorganiser seul cet enlèvement, tandis que la mort des deux fillettes peut être attribuée à lŽex-femme du pédophile, Michelle Martin, qui les a laissées mourir de faim alors que Dutroux était en détention.
Marc Dutroux doit répondre des séquestrations et des viols de six jeunes filles dont quatre -Julie, Mélissa, An et Eefje- sont mortes au cours de leur détention. Il nŽa reconnu que lŽenlèvement des victimes survivantes, Sabine Dardenne et Laetitia Delhez, et nie être responsable des meurtres de Julie et Mélissa dont on lŽaccuse. Les circonstances de la mort dŽAn et Eefje nŽont jamais pu être établies avec certitude.
Les corps des quatre victimes (Julie, Mélissa, An et Eefje) ont été découverts enterrés dans des propriétés de Marc Dutroux, en août et septembre 1996, peu après son arrestation. Sabine et Laetitia ont été sauvées le 15 août 1996.
Aux côtés de Marc Dutroux comparaissent son ex-femme, Michelle Martin, son complice Michel Lelièvre et lŽhomme dŽaffaires Michel Nihoul. Selon lŽaccusation, les quatre accusés doivent être déclarés coupables des faits qui leur sont reprochés. Le verdict est attendu à la mi-juin. AP
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