Le parquet de Paris a ouvert mardi une enquête préliminaire après l'envoi d'une balle par courrier au juge d'instruction de l'affaire d'Outreau Fabrice BURGAUD, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
Dans ce même courrier, reçu lundi au Palais de Justice de Paris où M. Burgaud est en poste au parquet, se trouvait une lettre contenant une "incitation au suicide", selon la même source.
"Au moins une" autre enquête préliminaire a été ouverte sur des menaces également écrites envoyées au magistrat, a ajouté cette même source.
L'avocat de M. Burgaud, Me Jean-Yves Dupeux a précisé que la balle et le petit mot qui l'accompagnait ont été confiés par le magistrat à la police scientifique pour rechercher d'éventuelles traces permettant une identification.
M. Burgaud, qui a été auditionné le 8 février par la commission d'enquête parlementaire sur OUTREAU, a quitté Paris mercredi pour partir en vacances.
Le magistrat, considéré comme l'un des premiers responsables du fiasco d'Outreau, était protégé par deux policiers pendant la semaine de son audition après avoir reçu des menaces.
André Vallini PS, président de la commission d'enquête parlementaire sur OUTREAU, suggère d'instaurer une "ancienneté minimale" pour devenir juge d'instruction, dans un entretien au Journal du Dimanche.
"Je pense plus que jamais, après avoir auditionné le juge Fabrice BURGAUD, qu'on ne peut pas confier des responsabilités aussi lourdes à un homme aussi jeune et aussi seul", déclare-t-il.
"Au-delà de l'ancienneté minimale qu'il faudrait avoir avant d'être juge d'instruction, c'est l'expérience de la vie tout court qui est également indispensable", ajoute-t-il.
Le député de l'Isère conteste par ailleurs que la commission d'enquête parlementaire se soit "transformée en tribunal" au cours des auditions du juge Burgaud, mercredi, et du procureur de la République Gérald Lesigne, jeudi.
"Mes collègues font parfois part de leurs sentiments mais ils sont les représentants du peuple et, à ce titre, il est légitime qu'ils expriment ce que ressentent les Français", a-t-il expliqué, en soulignant que la commission visait à "rechercher les dysfonctionnements qui ont pu se produire et surtout (à) comprendre en quoi le système a pu les rendre possibles".
"Il faut aussi avoir le courage de dire que le risque zéro n'existe pas plus dans le domaine judiciaire que dans le domaine médical par exemple", affirme-t-il toutefois, concluant à la nécessité de "garantir le respect des droits de la défense" et de "renforcer le rôle de l'avocat".
M. Vallini indique en outre que la commission va se pencher sur la formation des magistrats, "notamment pour savoir si on leur inculque suffisamment les deux grands principes qui devraient inspirer l'action de tout magistrat", "l'humanité" et "l'humilité" qui amène à "s'interroger et douter".
Selon lui, "c'est peut-être cette culture du doute qui a le plus manqué dans l'affaire d'Outreau".
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