ACCUEIL

 MERCI DE VOTRE VISITE

 

 

UN ENFANT EST PRECIEUX SACHEZ L'AIMER ET LE PROTEGER

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Vendredi 10 février 2006

"Le mythe puissant de la pédophilie", alimenté par certains des accusés, a failli conduire l'affaire d'Outreau "à une erreur judiciaire majeure", a estimé jeudi devant la commission d'enquête parlementaire le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer, Gérald Lesigne.

 

Un mythe qui a fait sourire les députés de la commission, mais auquel s'est accroché Gérald Lesigne pour défendre le travail du parquet de Boulogne-sur-Mer et celui du juge d'instruction, Fabrice Burgaud, qu'il n'a pas accablé.

 

Ce dossier s'est auto-alimenté par un "peu de réalité, des faits de maltraitance sexuelle" parmi les enfants du couple principal, Myrian B., et de Thierry D., auxquels se sont ajoutés des petits éléments "à caractères anodins qui ont pu être interprétés à charge", a-t-il estimé.

 

"Un conglomérat de faits est devenu une vérité", a-t-il martelé, précisant que l'institution judiciaire et les services sociaux, ont considéré "la parole de l'enfant (comme) une parole de vérité", a-t-il reconnu.

 

Une parole dont il dit avoir douté dès 2002 quand les enfants, piliers de l'accusation, commençaient à mettre en cause n'importe qui. "Il y a une sorte de religion de la parole de l'enfant. C'est nuisible à la vérité judiciaire", a-t-il concédé.

 

Selon M. Lesigne, dès le début de l'affaire fin 2000, il y avait des éléments "importants" à charge. "Le pire serait de dire que le dossier était vide", a-t-il expliqué, précisant à la fin de son audition qu'il "était profondément convaincu de l'innocence" des acquittés.

 

Ce dossier s'est "auto-alimenté par les indications fournies par les uns et les autres et l'incapacité de tout un système à poser cette analyse", a-t-il expliqué. Et de citer la lettre dans laquelle Daniel Legrand fils dit avoir assisté au meurtre d'une fillette après une orgie.

 

"Cette affaire a pollué et pesé sur le dossier. On était dans une sorte d'application du principe de précaution. C'est regrettable", a-t-il déclaré aux députés pour expliquer la détention provisoire des accusés dont certains ont passé plus de trois ans en prison.

 

Toutes ces accusations "sont devenues une vérité dans la tête des enfants, dans celles des adultes, au sein des services sociaux et par ce biais là, une vérité au sein de tout le système judiciaire", a assuré le magistrat dont le seul regret est de n'avoir pas requis plus d'acquittement à Saint-Omer où il représentait l'accusation.

 

M. Lesigne est bien meilleur à l'oral que M. Burgaud, dont l'audition mercredi a été confuse et décousue. Mais ses explications, parfois trop théoriques, ont agacé les députés qui veulent du concret.

 

Au rapporteur Philippe Houillon qui lui reproche d'avoir modifié un témoignage anodin en témoignage à charge contre l'un des accusés, Gérald Lesigne se défend par une "sémantique inappropriée".

 

Pour justifier les 14 acquittements au terme de deux procès, il fait valoir la différence entre un dossier papier et l'audience, qui révèle le côté humain. Mais attendre 39 mois en détention pour obtenir un acquittement, c'est n'est pas humain, c'est inquiétant, s'alarme un député.

 

"Je n'ai pas eu de doutes mais des interrogations", répondra-t-il à un député au sujet du dossier. "Dans cette affaire, le mythe a été plus fort que le doute", conclura André Vallini, président de la commission.

 

par AP - Pierre-Antoine Souchard publié dans : PROCES D'OUTREAU
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 10 février 2006

 

Gérald Lesigne, procureur à Boulogne-sur-Mer, a tout de suite été convaincu qu'il tenait une belle affaire. Ou plutôt, soyons précis : il a d'abord cru qu'il n'y avait rien du tout. Depuis 1996, plusieurs fois par an, des rapports sociaux ­ et même une plainte contre un voisin ­ lui signalaient que les fils de Myriam et Thierry Delay seraient victimes d'agressions sexuelles. Gérald Lesigne les avait toujours classés «sans suite». Il soupire devant la commission parlementaire d'Outreau, où il témoignait hier. «Nous n'avions pas voulu nous lancer dans l'aventure. Ce genre de témoignages, vous savez, dans ces milieux-là...» A Boulogne-sur-Mer, le procureur Gérald Lesigne a la réputation d'être un magistrat d'expérience. Dans l'affaire d'Outreau, c'est la face cachée du dossier, un des personnages de l'ombre dont l'audition n'est pas retransmise par les grandes chaînes, comme celle de Fabrice Burgaud la veille. Ce dernier a expliqué que nul ne lui avait dit à l'époque qu'il faisait «fausse route». A son tour, Lesigne devant les députés : «Il aurait fallu que je prenne moi-même conscience de la situation. Cela n'a pas été le cas.»

 

Sur le même sujet

 

«Le corps judiciaire en coma dépassé»

 

«Mythe pédophile». En janvier 2001, Lesigne reçoit de nouveaux documents où, cette fois, les fils Delay dénoncent leurs parents, puis trois voisins. Là, il ouvre un réquisitoire introductif pour «proxénétisme» et «viols». Comment le procureur bascule-t-il du rien au tout, du classement sans suite à la traite d'enfants ? Lesigne en paraît lui-même encore déconfit. Il parle de cette période où venait de surgir le «puissant mythe pédophile», nourri par les «campagnes politiques, les fantasmes de réseau et partagé par l'ensemble des acteurs, jusqu'à l'opinion publique. Même Myriam Delay, qui a tant menti, a fini par y croire elle-même.»

 

Le dossier est confié au juge d'instruction de permanence, Fabrice Burgaud, juste sorti de l'école. Durant l'enquête, le procureur représente l'accusation en opposition à la défense, et le juge d'instruction mène les investigations, respectant l'un et l'autre. Même s'ils ont un rôle distinct, juge d'instruction et procureur sont tous deux magistrats dans les mêmes palais de justice. Une connivence moins présente avec la défense. «Lesigne était souvent dans le bureau de Burgaud, je crois qu'il voulait l'aider, de peur qu'il se laisse déborder par le dossier faute d'expérience», se souvient un avocat. Lui-même ne s'en défend pas : «Cette relation avec le juge d'instruction est obligatoire dans les dossiers complexes.»

 

Dès le début de l'enquête, en 2001, Lesigne confie à Burgaud son hypothèse d'un réseau. Les arrestations commencent. Lesigne réclame les mises en détention. Il consulte les pièces «en temps réel», explique-t-il, quand la défense attend des mois. Pour les expertises, si contestées devant les deux cours d'assises, «c'est moi qui aie conseillé» Fabrice Burgaud, poursuit Lesigne. Le procureur explique volontiers sa conception de l'instruction : «Il s'agit de collationner toutes les pièces mais sans pouvoir d'appréciation. C'est la cour d'assises qui tranche.»

 

Tailles de barbe. Philippe Houillon (UMP, Val-d'Oise), rapporteur de la commission, relève un témoignage du coiffeur d'Alain Marécaux, l'huissier acquitté à Paris. Celui-ci explique à la police que Marécaux s'était mis à porter une barbe de trois semaines, ce qui arrondissait le bas de son visage mais précise que, quand on connaît l'huissier, on voit facilement que c'est lui. Or, dans un des réquisitoires de Lesigne, ça devient : «L'huissier s'affichait avec des barbes de différentes tailles, ce qui modifiait substantiellement le contour de son visage.» Lesigne acquiesce : «C'est vrai : la sémantique n'est pas appropriée.» Houillon se fâche : «Quand on renvoie les gens aux assises, il vaut mieux avoir une sémantique appropriée.»

 

 

Choc à l'audience. Au procès de Saint-Omer, en 2004, Lesigne est désigné avocat général. Il a un choc à l'audience : «Entre le document papier et la réalité de l'humain, il y avait un fossé.» Le rapporteur Houillon sursaute à son tour : «S'il faut attendre quatre ans pour découvrir l'humain...» A l'audience, l'instruction commence à se détricoter. Burgaud est appelé à témoigner devant la cour. A nouveau, les deux magistrats de Boulogne-sur-Mer se retrouvent. Lesigne lui demande. «Mais le doute ? Que fait-on du doute ?» Burgaud ne répond pas. «Il doit être examiné aux assises, n'est- ce pas ?» relance Lesigne. Burgaud : «Oui, c'est cela.»

 

Lesigne ne requerra que sept acquittements sur les treize dans le box qui nient. «A l'époque, je n'avais pas encore intégré cette notion du mythe mais je commençais, pour ainsi dire, à me désintoxiquer de l'affaire. Aujourd'hui, je suis venu vous dire avec humilité : ils sont tous innocents.»

 

par LIBERATION - QUOTIDIEN - Florence AUBENAS publié dans : PROCES D'OUTREAU
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Calendrier

Février 2006
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28          
<< < > >>

Recherche

Message

 

UN ENFANT EST UN TRESOR, SACHEZ L'AIMER ET LE PROTEGER
Blog : Rêver sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus