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Mardi 7 février 2006

L'Assemblée nationale se prépare à accueillir mercredi le juge Fabrice Burgaud, auditionné par la commission d'enquête sur Outreau, dans un contexte de très forte pression médiatique autour de cet évènement inédit au Palais-Bourbon.

 

 

Après la vague d'émotion suscitée par l'audition des acquittés le 18 janvier qui avait pris de court journalistes et députés, les médias sont tous prêts pour ne rien rater de ce deuxième grand temps fort du travail de la commission.

 

 

Les chaînes télévisées françaises et les radios ont décidé de bouleverser leurs programmes mercredi, soit pour retransmettre en direct l'audition qui commence à 16H30 et pourrait durer plusieurs heures, ou pour enchaîner les éditions spéciales.

 

 

La venue de l'abbé Pierre au Palais-Bourbon le 24 janvier avait donné un petit aperçu de la cohue que peut susciter une forte pression médiatique. Sans le cordon de sécurité improvisé par les agents de l'Assemblée, le défenseur des pauvres risquait d'être piétiné par les journalistes.

 

 

Mais cette fois-ci, en plus de la presse, il y aura les acquittés d'Outreau. Et c'est bien là, la grande nouveauté pour ce type d'audition. L'audition de l'ancien PDG d'Air Lib dans le cadre de la commission d'enquête sur le sujet ne s'était pas faite en présence des salariés de l'entreprise.

 

 

Les nombreuses incertitudes qui persistent encore sur le nombre d'acquittés et de journalistes présents, le temps que durera l'audition, la tenue éventuelle d'une conférence de presse à l'issue, rendent aussi cet événement difficile à organiser, contrairement aux visites de chef d'Etat dont le dispositif, très bien rôdé, vaut d'une rencontre à l'autre.

 

 

Tous les grands médias nationaux et régionaux sont déjà entrés en contact avec l'Assemblée, ainsi que des médias belges, et certains commencent déjà à s'installer.

 

 

Après plusieurs réunions, il a été décidé d'interdire à la circulation la rue de l'Université pour éviter tout accident en raison de la forte présence de journalistes devant le 101 où se déroulera l'audition.

 

 

Du côté de la sécurité de l'Assemblée, c'est l'adage "moins on parle, mieux on se porte" qui domine.

 

 

Aucun public ne sera autorisé dans la salle Lamartine où ont lieu les auditions. Seuls seront présents les membres de la commission, avec face à eux le juge et ses avocats, et sur le côté les acquittés. Une trentaine de journalistes pourront s'installer sur la mezzanine qui surplombe la salle.

 

 

Comme c'est normalement la tradition, les gardes du corps qui protègent le juge depuis samedi ne devraient pas rester dans la salle, où ce sont les agents de l'Assemblée qui seront chargés de parer à toute éventualité.

 

 

par AFP - publié dans : PROCES D'OUTREAU
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Mardi 7 février 2006

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a révoqué mardi un ancien juge des enfants du tribunal de Tours condamné en novembre 2005 pour des agressions sexuelles sur des mineurs de quinze ans au cours d'une colonie de vacances dans la Manche en 1994.

 

L'instance disciplinaire, présidée par le premier président de la Cour de cassation, Guy Canivet, a en effet estimé que les faits reprochés à Philippe Chenet-Bresteau portent "une atteinte profonde à l'autorité de la justice et à la confiance placée en elle".

 

Le magistrat avait été condamné le 2 novembre 2005 par la cour d'appel de Caen à un an d'emprisonnement avec sursis pour avoir "au cours d'une nuit de la fin du mois de juillet 1994, sous une tente dortoir, dans un centre de vacances à Carteret (Manche) dont il était le directeur, s'être livré à des attouchements de nature sexuelle sur deux enfants", âgés de 12 et 13 ans.

 

Des faits que M. Chenet-Bresteau, qui a régulièrement dirigé des camps de vacances, a toujours niés.

 

Il a reconnu en revanche des attouchements sur une série de mineurs alors qu'il était juge pour enfants à Tours entre 1989 et 1991. Surpris à plusieurs reprises par le personnel du tribunal alors qu'il sortait avec un adolescent de la salle des archives ou face à un enfant qui se revêtait, il n'a jamais été poursuivi pour ses faits, sa hiérarchie lui ayant simplement suggéré de demander sa mutation.

 

Le CSM a donc retenu qu'il était "avéré que M. Chenet-Bresteau a de manière répétée abusé de l'autorité de ses fonctions pour s'isoler avec des mineurs soumis à sa juridiction et les contraindre de ses dévêtir devant lui". Et que malgré les faits de l'été 1994, "il a continué à rechercher la proximité des mineurs en dirigeant d'autres centres pendant ses congés".

 

Des faits qui "caractérisent des manquements graves et habituels à l'honneur et à la dignité du magistrat", d'autant qu'il a "refusé de prendre conscience de la perversité de ses pratiques et d'en mesurer tant la gravité que les conséquences sur les jeunes victimes".

par AP - der/mw publié dans : LES PEDOPHILES, LES VIOLEURS......
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