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Vendredi 16 mars 2007

Du  soleil partout, des invités endimanchés, des enfants, un vieux père heureux et fier, des gens qui s’embrassent, on dirait un mariage. «Les larmes me sont arrivées tout d’un coup dans cette salle d’audience», raconte Alain Marécaux après coup.

 

 

 

 

 

Alain Marécaux , l’ancien « huissier d’Outreau » -qui ne veut plus qu’on l’appelle comme ça- se marie à nouveau avec la justice. L’homme mis en cause à tort comme 13 autres personnes dans l’affaire de pédophilie de la Tour du Renard à Outreau vient de prêter serment ce mercredi 14 mars devant le procureur du tribunal de Boulogne-sur-mer.

 

 

 

 

 

En cessant d’exercer, un huissier perd sa charge, il fallait donc à nouveau prêter serment devant le procureur de la République, quinze ans après la première fois. Alain Marécaux a juré d’exercer son métier «loyalement, avec exactitude et probité», mais pas devant Gérald Lesigne, le procureur de Boulogne sur mer, qui avait requis sa détention provisoire et son emprisonnement pour pédophilie.

 

 

 

 

 

Le magistrat, s’était fait remplacer hier par le substitut Laurent Favre. Au grand dam d’une avocate qui chuchote dans la salle d’audience : «Dommage, j’aurais bien voulu voir Lesigne se dépatrouiller avec ça». Dehors, Alain Marécaux sourit devant les caméras de télévision, nombreuses. «Je reviens, la roue tourne». Il se souvient de sa sortie de garde à vue, «caché au fond d’un fourgon, accablé, vous ne comprenez pas. Et vous vous retrouvez dans une maison d’arrêt, à poil dans un mètre carré, fouillé. J’étais une personne respectable et respectée, on me transformait en grand criminel».

 

 

 

 

 

Il a effectué 23 mois de détention provisoire. Ses deux fils sont là, ses sœurs aussi. Sa marraine : «aujourd’hui, c’est le V de la victoire, le soleil dans nos coeurs. Il est réhabilité devant tout le monde. On n’était pas très nombreux, vous savez, à y croire, à l’époque». L’huissier regrette encore l’absence de sa mère, décédée deux mois après son arrestation. Léon Marécaux, le père, 82 ans : «elle avait arrêté de manger, parce que c’était impossible».

par LIBERATION/Haydée SABERAN publié dans : PROCES D'OUTREAU
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Vendredi 16 mars 2007

Un Vaudois condamné hier à Nyon à 15 mois avec sursis pour avoir chargé près de cinq mille images ou vidéos pornos mettant en scène des enfants.

L’AVOCATE GÉNÉRALE: Magali Bonvin avait requis 12 mois, mais elle s’est montrée si convaincante que la Cour en a infligé 15. / GEORGES MEYRAT

 

 

 

«J'avais le sentiment d'être chez moi, à faire du mal à personne.» Lorsque la Sûreté débarqua à son domicile, en juillet 2005, il mit du temps à comprendre pourquoi. Et hier, devant le Tribunal correctionnel de Nyon, ce célibataire de 34 ans, ancien agent de sécurité, a trouvé «un peu fort de café» qu'on puisse assimiler ses agissements à «du viol par procuration», selon l'expression de l'avocate générale Magali Bonvin.

 

 

La présence du Ministère public à un procès de pédophilie sur Internet n'est pas courante. «Nous sommes venus pour souligner une gravité qu'on a tendance à banaliser, pour faire comprendre toute l'ignominie derrière ce que l'on ne considère souvent que comme des photos», répond la substitute du procureur. «Nous sommes là aussi pour que l'accusé se souvienne de sa comparution, qu'il prenne conscience de ses actes, que ce mauvais moment passé en justice serve peut-être un jour à le dissuader de recommencer.»

 

 

«Je cherchais des mangas»

 

 

C'est la police fédérale qui repéra ce PC d'une ville de La Côte vaudoise dans sa traque à la criminalité sur Internet, et transmit l'adresse aux inspecteurs vaudois. Ceux-ci découvrirent près de 40 000 images ou vidéos pornos sur le disque dur. Dont environ 5000 montrant des enfants mêlés à des actes d'ordre sexuel, plus quelques dizaines relevant de la zoophilie. À la différence de la plupart des cas similaires, les fichiers n'avaient pas été chargés à partir d'un site payant illégal, dont les clients sont généralement identifiés par leur numéro de carte de crédit. L'internaute utilisait ici un programme de type P2P (Peer-to-Peer) de mise en commun de fichiers, logiciel la plupart du temps utilisé pour pirater des enregistrements musicaux.

 

 

«Je recherchais par mot-clé des mangas (n.d.l.r. BD japonaises thématiques souvent ambigues), explique l'accusé. J'ai bien vu que dans le tas, il y avait des fichiers pornos illégaux mais je n'ai pas assez réagi. Même si parfois, j'ai tout effacé, ça recommençait. C'était à une période où je vivais enfermé chez moi. Mon ordinateur tournait sans arrêt, chargeait sans cesse, pendant des jours et de semaines. Je n'ai ni désir ni motivation par rapport à des enfants. Non, derrière mon ordi, je n'avais pas l'impression d'être celui qui viole une gamine de 3 ans. Juste celle d'être un peu voyeur.»

 

 

 

 

 

Piégé par le P2P

 

 

Oui, il savait que le contenu de son ordinateur devenait accessible à toute autre personne connectée en Peer-to-Peer. «J'avais bloqué cette fonction. Et puis il y a eu une fenêtre me demandant si je voulais télécharger beaucoup plus rapidement. J'ai cliqué oui, sans savoir que cela ouvrait la communication dans les deux sens. C'est comme ça qu'il s'est fait pincer.

 

 

Le cas est apparu particulièrement grave par la quantité des fichiers chargés, mais aussi parce qu'il s'inscrit dans un contexte préoccupant. La police a en effet découvert que le trentenaire avait placé des caméras vidéo dans des toilettes pour y filmer les femmes qui les utilisaient. Ou encore qu'il avait rédigé des annonces où il se faisait passer pour une fille de 12 ou 13 ans («Je voulais craquer des photographes pervers»).

 

 

 

 

 

Son casier judiciaire vierge lui permet d'obtenir le sursis. Mais ce délai probatoire, d'une durée de cinq ans, a été subordonné à l'obligation de suivre un traitement psychiatrique. Une mesure censée conjurer le risque de récidive établir par l'expert.

par 24 heures/GEORGES-MARIE BÉCHERRAZ publié dans : LES PEDOPHILES, LES VIOLEURS......
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