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Vendredi 22 avril 2005
Favoriser la confiance
Toute personne, homme ou femme, qui est en union hétérosexuelle ou homosexuelle avec une personne ayant été victime d'agression(s) sexuelle(s) - qu'il s'agisse d'abus sexuel dans l'enfance ou d'un viol à l'âge adulte -, se trouve dans une situation délicate qui lui demandera beaucoup de patience, de compréhension et, surtout, beaucoup d'amour à l'égard de son ou de sa partenaire. L'histoire de Daniel et Martine illustre bien ce point. Nous pouvons en effet observer que Daniel a eu, de prime abord, le bon réflexe auprès de Martine. Étant un nouveau partenaire dans sa vie, il était approprié qu'il adopte une attitude respectueuse à son égard en s'ajustant à son rythme. Cette manière de faire augmente les chances qu'elle développe ultérieurement suffisamment de confiance en lui pour être capable de s'abandonner davantage au plaisir dans un contexte d'intimité sexuelle. La même attitude est d'ailleurs recommandée auprès d'une personne qui vient de subir une agression sexuelle, même si elle est en couple avec le même partenaire depuis plusieurs années et ce, même s'ils jouissaient d'une vie sexuelle harmonieuse avant l'incident. Si la personne préfère être inactive sexuellement pour un certain temps, il est important que le couple se nourrisse d'affection, de tendresse, de romantisme et de communication. Ce sont des ingrédients essentiels pour conserver des conditions favorables au retour éventuel des activités sexuelles.

Communiquer
Même si cela peut-être extrêmement difficile pour la personne qui a été victime, il est important qu'elle s'exprime à son partenaire sur l'état de son désir sexuel, les caresses qui lui sont désagréables, son incapacité à vivre certaines activités sexuelles, ce qu'elle est prête à expérimenter, etc. Le ou la partenaire a besoin de points de repère pour savoir comment aborder l'être aimé dans l'intimité. Pour favoriser la communication, le ou la partenaire peut d'abord s'ouvrir lui-même ou elle-même à l'autre en lui exprimant ce qu'il ou elle ressent par rapport à leur intimité conjugale et sexuelle. Dans un climat de détente, il ou elle peut inviter l'autre à faire de même et ce, sans mettre de pression pour que l'autre parle à tout prix.

Accepter ses limites personnelles
Malgré toute la bonne volonté du ou de la partenaire à vouloir préserver le bon climat conjugal ou à vouloir aider l'être aimé à s'en sortir, il n'est pas rare que la personne qui a été agressée dans le passé tarde à démontrer des signes d'ouverture pour s'en sortir. Le ou la partenaire peut à la longue vivre des frustrations sur le plan sexuel, ressentir de la colère ou de l'impatience en constatant qu'il ou elle dépense beaucoup d'énergie sans récolter de résultat apparent. Cette réaction est tout à fait normale. Son impatience pourrait l'amener à dire des choses blessantes à l'être aimé, qu'il ou elle pourrait regretter par la suite. Par exemple, le ou la rabaisser, le ou la menacer d'aller voir ailleurs, de le ou la quitter, etc. Si de telles réactions impulsives se manifestent fréquemment, le couple ne peut qu'en subir des conséquences négatives. D'une part, le ou la partenaire risque de se renfermer davantage sur lui-même ou elle-même et, d'autre part, cela peut contribuer à maintenir ou à alourdir les difficultés relationnelles et sexuelles. Comme bien d'autres personnes dans sa situation, nous avons vu que Daniel avait la noble résolution de vouloir aider Martine à s'en sortir. Il est normal qu'un ou une partenaire veuille ainsi jouer un rôle de sauveur, mais cette ambition n'est pas tout à fait réaliste. Se trouvant lui-même engagé sur les plans affectif et émotionnel dans sa relation avec elle, Daniel n'est donc pas en position de l'aider dans la totalité de ses difficultés. Il doit donc accepter ses propres limites et plutôt sensibiliser sa partenaire à recourir à une aide professionnelle, mieux outillée pour l'aider. Et si elle refuse une telle aide, Daniel devra se rendre à l'évidence : il ne peut aider sa partenaire plus qu'elle ne veut s'aider elle-même. Tant qu'elle n'aura pas fait elle-même le choix de s'en sortir, personne ne peut rien faire pour elle. Envisager d'entreprendre une démarche thérapeutique peut être très menaçant car cela implique d'ouvrir de vieilles blessures qui n'ont jamais été cicatrisées...

S'aider soi-même
Nous voilà maintenant revenus à ce déchirement que vit Daniel dans la poursuite de sa vie amoureuse et son désir de renaître à quelque chose de nouveau. Quiconque se trouve dans une telle situation ne peut que se sentir désorienté et mêlé. Voilà un tournant de la vie qui ouvre la porte à un retour sur soi. C'est pourquoi il ne peut être que bénéfique pour une personne qui vit une telle remise en question d'aller chercher de l'aide pour elle-même (en thérapie, en groupe d'entraide, au centre local de services communautaires [CLSC], etc.). Que ce soit pour voir plus clair, pour prendre une décision, ou tout simplement pour se confier à quelqu'un et recevoir du soutien, il s'agit certainement d'un besoin réel chez celui ou celle qui a tant donné!

publié dans : LES VICTIMES
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Vendredi 22 avril 2005
Longtemps j'ai cru que ce qui m'était arrivé était dû au hasard, et la suite de ma vie aussi.
Avant dernière de 5 enfants, c'était un hasard si ma mère avait "des préférences" dans ses enfants, c'était un hasard si mon oncle avait "jeté" son dévolu sur moi, c'était un hasard également si l'année où tout a cessé (c'est l'année où mon oncle a essayé de me sodomiser et que je lui ai dit que j'allais le dire à mon père parce qu'il m'avait dit que c'était un secret, et que moi je ne comprenais pas pourquoi), j'ai failli mourir d'une péritonite 5 jours après une appendicite(parce qu'en fait je n'ai rien dit du tout, tout était dans mon ventre), puis ce fut un hasard qu'à l'âge de 17 ans j'ai été victime d'abus pas un brancardier dans un hôpital et puis un hasard également si à 19 ans je fus agressée par un homme qui voulait soulager "ses besoins sexuels" par la force , sa femme étant enceinte.



Un pure hasard aussi, si je suis atteinte d'une maladie horpheline qui m'a obligée à me faire opérée 7 fois dans la région du pubis et qui depuis un certain temps s'est "endormie" depuis que je me suis réappropriée cette partie là de mon corps

Le hasard a voulu aussi que de très grosses angoisses surviennent, alors que j'apprenais que j'étais enceinte (enfant désiré très désiré même), et puis le hasard encore m'a fait rentré en clinique 4 ans après la naissance de mon fils.

Et puis le hasard m'a fait appeler un psy....

Et là j'ai compris, j'ai compris que si j'avais été victime de mon oncle, c'est parce que j'étais une proie facile, qui ne demandait que de l'amour.
J'ai compris, que par mon comportement, les potentiels agresseurs savaient qu'avec moi c'était facile.
J'ai compris que le fait de me sentir enceinte, m'a fait prendre conscience que j'avais un corps, et qu'en plus il vivait (grâce au petit bout de chou que j'avais dans mon ventre), là mon corps ne pouvait pas faire autrement que de vivre.
J'ai compris que mon mal au ventre que j'exprimais à mes parents n'était pas dû à une appendicite(chose qui d'ailleurs à l'époque avait été dite par le chirurgien qui n'expliquait pas ces mots de ventre, par ce tout petit bout d'apendice enlevé). La preuve le mal au ventre a continué avec une péritonite pour bien faire comprendre que j'avais vraiment mal, mais personne n'a compris là non plus.
J'ai compris que cette maladie horpheline n'était que le signe que la souffrance était toujours là même à 30 ans.
J'ai compris que j'étais une femme, qui si elle regarde derrière elle, peut être fière du chemin parcouru malgrè toutes les phrases dites à mon sujet "pffff, elle se plaint tout le temps, elle a toujours mal quelque part, ça ne va jamais, ect ect)
J'ai compris aussi que ce n'est pas un hasard si j'ai vécu tout ça, et que le hasard n'existe pas.
Pour bien s'entendre, pour bien se comprendre, il faut s'écouter, s'aimer, et là, plus personne ne peut vous atteindre. Seule la mort d'un être cher peut encore vous faire mal, le reste , pas d'importance.
Quand j'écris cela, il faut lire "ceux qui veulent me faire mal, là ils vont comprendre à qui ils ont à faire". Une personne qui a souffert, qui souffrira sans doute toute sa vie, mais qui ne veut plus être la victime de l'autre.

J'écris cela aujourd'hui, maintenant, et peut être que ce soir, je serai mal tout simplement parce que j'ai gardé cette fragilité qui fait de moi un être sensible aux mots, sensible aux gestes, sensibles à la vie.
par Agnès63 publié dans : TEMOIGNAGES
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