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Jeudi 12 mai 2005

La cour d'assises du Maine-et-Loire a longuement entendu jeudi Jackie et Cathie H., les parents de deux petites victimes, qui comparaissent notamment pour viols et agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par ascendant et proxénétisme aggravé.

Après avoir tenté durant toute la première partie de l'audience de minimiser son rôle dans l'affaire en affirmant haut et fort qu'elle ne savait pas que ses fillettes étaient prostituées, Cathie H. a fini par craquer face à l'insistance de l'avocat général Philippe Toccanier. Les questions du magistrat sont précises et la mettent face à ses contradictions.

Elle s'énerve: "Mme N. (NDLR: Patricia, entendue deux jours auparavant) a le droit de mentir, et moi on veut me mettre le réseau sur le dos". L'avocat général lui parle de l'argent, lui demande ce qu'elle sait à ce sujet. Elle éclate en sanglots et lance: "Je vais me faire casser la gueule en détention". A partir de ce moment-là, sa parole se libère et elle raconte ce qui est arrivé à ses filles.

"C'est Nathalie P. qui les emmenait chez les V. Il y avait Franck, mon mari, Loïc V., Rémy D., et Georges R." Le domicile des V. apparaît depuis le début du procès comme le lieu principal de la prostitution des enfants.

Cathie H. finit également par reconnaître avoir participé à des partouzes avec plusieurs adultes et des enfants, dont sa fille.

- "Quels sentiments vous animaient après avoir fait cela?", interroge l'avocat général.

- "De la honte. mais pour moi c'était pas des agressions. Je touchais juste les fesses de mes enfants", répond-elle.

- "Mais au cours de ces scènes à plusieurs, comment réagissaient les enfants?", poursuit l'avocat général.

- "Les enfants pleuraient et hurlaient".

- L'avocat général insiste: "Il y avait de la souffrance?"

- "Oui, énormément de souffrance", reconnaît-elle.

L'interrogatoire de Cathie H. se termine. Elle est toujours en larmes, mais paraît plus détendue. Comme le fait remarquer Me Alain Monnier, l'avocat de la partie civile, lors d'une suspension d'audience, "à la fin, elle disait la vérité. Elle était soulagée et a changé de tête".

En deuxième partie d'audience, la cour a débuté l'interrogatoire de Jackie H., le mari de Cathie. L'homme confirme d'emblée devant la cour tous les faits qui lui sont reprochés.

Ce cuisinier de 37 ans comparaît notamment pour viols sur mineures de 15 ans par ascendant, agressions sexuelles et proxénétisme aggravé. Au cours de son interrogatoire, en réponse à une interrogation de Me Philippe Cosnard, l'avocat de ses filles, il raconte froidement comment se déroulaient les scènes de viols collectifs chez les V.

"Les enfants jouaient dans la chambre. Nous, les adultes, on venait dans la chambre et on les déshabillait". "Comment réagissaient les enfants?", l'interroge l'avocat. "Les enfants criaient et même ils pleuraient", répond-il tranquillement, affirmant qu'il participait à ces scènes sous la menace. Une explication qui parait peu convaincante.

L'examen des faits ne fait que commencer. Il pourrait se prolonger pendant plus d'un mois, car de nombreux accusés n'ont pas encore été appelés à la barre.

par AP - lac/cre/mw publié dans : PROCES D'ANGERS
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Jeudi 12 mai 2005

La cour d'assises du Maine-et-Loire a entendu jeudi en première partie d'audience Cathie H., la mère de deux petites victimes, qui comparaît notamment pour agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par ascendant et proxénétisme aggravé.

Comme les autres accusés appelés à la barre, Cathie H. a fait des efforts vestimentaires pour se présenter face au jury. Mais son apparence stricte se fissure vite lorsqu'elle prend la parole. Elle se contredit sans cesse et s'emporte rapidement.

Dès le début de son interrogatoire, Cathie H. tente de minimiser son rôle dans cette affaire. Au cours de l'instruction déjà, elle était revenue sur sa première déposition en affirmant qu'elle avait inventé tout ce qu'elle avait raconté après l'avoir lu dans le magazine "Détective".

Face au jury, elle persiste et lance à la cour: "J'ai jamais prostitué mes enfants, j'ai jamais touché d'argent".

"Pourtant, vous donnez dans votre déposition des détails qui ne sont pas dans le journal", lui fait remarquer le président. "Oui, j'ai inventé".

Tout au long de son interrogatoire, elle tente de donner l'image d'une mère exemplaire qui ignorait tout des abus qu'ont pu subir ses filles. Cette image ne tient plus lorsque l'avocat général lui demande des précisions sur un film qu'elle a tourné un soir de Noël à son domicile.

Sur cette cassette, on y voit entre autres Thierry L., l'un des accusés, gonfler un préservatif et y verser du vin; on y voit également la petite Lucie mimer une fellation avec un godemiché et, un peu plus tard, sa mère Cathie faire la même chose.

"Où Lucie a-t-elle appris à mimer une fellation?", lui demande l'avocat général. Cathie ne sait pas. "Vous-même, vous mimez une fellation en public un soir de Noël?". "Ca arrive à tout le monde d'avoir un coup dans le nez", rétorque-t-elle.

par AP - lac/se/mw publié dans : PROCES D'ANGERS
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