La cour d'assises du Maine-et-Loire a longuement entendu jeudi Jackie et Cathie H., les parents de deux petites victimes, qui comparaissent notamment pour viols et agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par ascendant et proxénétisme aggravé. Après avoir tenté durant toute la première partie de l'audience de minimiser son rôle dans l'affaire en affirmant haut et fort qu'elle ne savait pas que ses fillettes étaient prostituées, Cathie H. a fini par craquer face à l'insistance de l'avocat général Philippe Toccanier. Les questions du magistrat sont précises et la mettent face à ses contradictions. Elle s'énerve: "Mme N. (NDLR: Patricia, entendue deux jours auparavant) a le droit de mentir, et moi on veut me mettre le réseau sur le dos". L'avocat général lui parle de l'argent, lui demande ce qu'elle sait à ce sujet. Elle éclate en sanglots et lance: "Je vais me faire casser la gueule en détention". A partir de ce moment-là, sa parole se libère et elle raconte ce qui est arrivé à ses filles. "C'est Nathalie P. qui les emmenait chez les V. Il y avait Franck, mon mari, Loïc V., Rémy D., et Georges R." Le domicile des V. apparaît depuis le début du procès comme le lieu principal de la prostitution des enfants. Cathie H. finit également par reconnaître avoir participé à des partouzes avec plusieurs adultes et des enfants, dont sa fille. - "Quels sentiments vous animaient après avoir fait cela?", interroge l'avocat général. - "De la honte. mais pour moi c'était pas des agressions. Je touchais juste les fesses de mes enfants", répond-elle. - "Mais au cours de ces scènes à plusieurs, comment réagissaient les enfants?", poursuit l'avocat général. - "Les enfants pleuraient et hurlaient". - L'avocat général insiste: "Il y avait de la souffrance?" - "Oui, énormément de souffrance", reconnaît-elle. L'interrogatoire de Cathie H. se termine. Elle est toujours en larmes, mais paraît plus détendue. Comme le fait remarquer Me Alain Monnier, l'avocat de la partie civile, lors d'une suspension d'audience, "à la fin, elle disait la vérité. Elle était soulagée et a changé de tête". En deuxième partie d'audience, la cour a débuté l'interrogatoire de Jackie H., le mari de Cathie. L'homme confirme d'emblée devant la cour tous les faits qui lui sont reprochés. Ce cuisinier de 37 ans comparaît notamment pour viols sur mineures de 15 ans par ascendant, agressions sexuelles et proxénétisme aggravé. Au cours de son interrogatoire, en réponse à une interrogation de Me Philippe Cosnard, l'avocat de ses filles, il raconte froidement comment se déroulaient les scènes de viols collectifs chez les V. "Les enfants jouaient dans la chambre. Nous, les adultes, on venait dans la chambre et on les déshabillait". "Comment réagissaient les enfants?", l'interroge l'avocat. "Les enfants criaient et même ils pleuraient", répond-il tranquillement, affirmant qu'il participait à ces scènes sous la menace. Une explication qui parait peu convaincante. L'examen des faits ne fait que commencer. Il pourrait se prolonger pendant plus d'un mois, car de nombreux accusés n'ont pas encore été appelés à la barre.
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