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Mardi 28 juin 2005
  Les jurés du procès de pédophilie dŽAngers ont écouté lundi les premières plaidoiries des avocats des parties civiles, qui ont qualifié les accusés de "prédateurs", coupables à leurs yeux dŽavoir ôté toute dignité à leurs enfants. Quatre associations de protection de lŽenfance avaient souhaité "faire entendre leur voix" devant la cour dŽassises de Maine-et-Loire à lŽoccasion du plus grand procès de pédophilie et dŽinceste jamais organisé en France, qualifié de "hautement symbolique" par un avocat. "Au nom des enfants, je vous implore de déclarer la responsabilité de ceux qui ont abusé de leur innocence", a déclaré le premier à plaider, Me Philippe Cosnard, conseil de lŽassociation Enfance et Partage. Soixante-cinq accusés - une 66e a été récemment hospitalisée, et son cas a été disjoint lundi - comparaissent depuis le 3 mars notamment pour des faits de proxénétisme, viols et agressions sexuelles sur 45 enfants, âgés de quelques mois à 12 ans au moment des faits, entre janvier 1999 et février 2002. "JŽai entendu beaucoup de cris et de chuchotements, de gros mensonges, des demi-vérités, parfois des aveux. JŽai même vu des accusés rire dans cet océan dŽabjection", a souligné Me Cosnard. "Leur attitude, à tous ceux-là, est une injure faite aux enfants, niés dans leur parole après avoir été niés dans leur personne", a ajouté lŽavocat. Il faisait allusion à lŽattitude désinvolte de certains accusés lors du visionnage des auditions enregistrées des victimes présumées, qui sont souvent leurs propres garçons et filles. Me Cosnard a également évoqué "le nombre (13 sur les 39 personnes incarcérées) et le rôle des femmes", qui est lŽune des caractéristiques de lŽaffaire dŽAngers avec le milieu dŽorigine des accusés, défavorisés sur le plan social et surtout intellectuel. "Leur violence et leur cynisme nŽont pas grand chose à envier à lŽattitude des hommes", a estimé lŽavocat, en faisant valoir que ces mères nŽavaient pas joué leur rôle dŽadulte protecteur, comme cŽest traditionnellement le cas dans les affaires de moeurs. Selon Me Cosnard, "ces hommes et ces femmes ont perdu le sens de lŽhumanité". "Ces prédateurs ont organisé dŽépouvantables orgies pour satisfaire leurs besoins sexuels ou gagner un peu dŽargent", a renchéri Me Régine de la Morinerie, avocate dŽEnfance Majuscule. "Ce que contient ce dossier nous maintiendra longtemps dans le dégoût et lŽécoeurement", a jugé pour sa part Me Gwenaëlle Madec, conseil de La Voix de lŽEnfant. Les avocats des associations de défense de lŽenfance maltraitée, tout en se gardant de faire le procès des services sociaux, ont mesuré les efforts à réaliser pour "mieux prévenir la violence sexuelle". "En France, on estime à 85.000 le nombre dŽenfants en danger de maltraitance chaque année, et entre trois et six enfants meurent de sévices tous les ans, alors le chemin est long", a fait valoir Me Cosnard. Vingt et une des 23 familles impliquées dans lŽaffaire dŽAngers étaient suivies, voire accompagnées par les travailleurs sociaux du conseil général de Maine-et-Loire. "Malgré cela, nous sommes en face dŽune vraie catastrophe", a relevé lŽavocat de LŽEnfant Bleu, Me Yves Crespin. "Il faudra bien un jour poser la question de la responsabilité des services sociaux", a-t-il lancé. Les plaidoiries des avocats des parties civiles doivent se poursuivre jusquŽà mercredi. Le verdict nŽest pas attendu avant le 25 juillet.
par AFP - publié dans : PROCES D'ANGERS
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Lundi 27 juin 2005
Après quatre heures et demi de délibéré, la cour dŽassises des Hauts-de-Seine a condamné vendredi soir à huit ans dŽemprisonnement le père François Lefort des Ylouses à huit ans dŽemprisonnement pour viols et attouchements sexuels sur six mineurs sénégalais, faits commis entre 1994 et 1995, et ordonné son incarcération. Une peine bien inférieure à celle réclamée vendredi matin par lŽavocat général qui avait requis de 13 à 15 ans de réclusion criminelle contre ce prêtre médecin de 59 ans. Il encourait jusquŽà 20 ans de réclusion criminelle. Ses avocats avaient plaidé lŽacquittement. «La cour dŽassises a rendu une vérité judiciaire provisoire qui ne correspond pas forcément à la vérité vraie du dossier», a réagi lŽun des avocats de François Lefort, Me Jean-Yves Liénard ajoutant que son client a «compris la prison, mais le sens du verdict, pas vraiment». Dans la matinée, lŽavocat général Olivier Auferil sŽétait interrogé pendant près de trois heures sur les raisons qui ont conduit le prêtre-médecin, longtemps surnommé «lŽange des bidonvilles», à la barre dŽune cour dŽassises pour des faits de pédophilie. «JŽaffirme que le saint est tombé dans la fange», avait-il lancé. Car le magistrat a martelé sa certitude que François Lefort est coupable des faits qui lui sont reprochés. Non seulement parce que les déclarations des six victimes sont «accablantes et cohérentes» mais aussi parce que lŽaccusé présente «le profil type de lŽhumanitaire pédophile». Le jury «a tenu compte de la personnalité de lŽaccusé. CŽest la face cachée de François Lefort des Ylouses qui est démasquée», sŽest réjoui Me Olivier Morice, avocat de certaines victimes. «Pendant des années, cet homme a été le héros de lŽhumanitaire, des enfants des rues. AujourdŽhui, son autre personnalité, qui est celle dŽun pédophile, a été reconnue par la cour dŽassises», a-t-il ajouté. Epaté par «lŽauthenticité et la sincérité» des jeunes Sénégalais, âgés de 13 à 16 ans au moment des faits, lŽavocat général avait rappelé que «les variations dans les déclarations de victime ne sont pas exceptionnelles». «Après dix ans dŽattente, après trois semaines sous les réflexions fielleuses, voire insultantes, de certains témoins, les jeunes ont réitéré et maintenu leurs déclarations», a-t-il insisté. Pourtant, lŽun de ses avocats, Me Jean-Pierre Choquet, avait pointé les variations de ces témoignages cherchant à les discréditer pour faire acquitter son client. Me Liénard avait de son côté imploré les jurés de ne pas céder «au miroir de lŽapparence» si défavorable à lŽaccusé. «Vous ne jugerez pas François Lefort pour avoir trahi ses convictions religieuses, mais nŽoublierez pas quŽil les a mises en avant. Vous ne le jugerez pas pour avoir trahi son engagement de médecin, mais vous vous souviendrez quŽil sŽen est servi pour appâter les victimes. Vous ne le jugerez pas pour avoir trahi sa mission humanitaire», a lancé lŽavocat général aux jurés. «Mais pour avoir commis des viols et des attouchements sur des mineurs vulnérables, vous le condamnerez». Mousa Sow, le directeur du foyer de Rufisque (Sénégal) où se sont déroulés une partie des faits, sŽest réjoui du verdict. «La peine nŽa quŽune valeur symbolique, il était important que la société dise à ces jeunes quŽils sont des victimes», a-t-il commenté. Ibrahima, dont la cour a reconnu les viols par le prêtre, se regardera plus dignement après ce verdict. Vendredi soir, le père François Lefort passait sa première nuit en prison. Le président de son comité de soutien Christian Bompard nŽavait rien à dire.
par AP - Pierre-Antoine Souchard publié dans : PROCES PERE LEFORT
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