Deux semaines après la disparition de Stacy et Nathalie dans le quartier Saint-Léonard à Liège, la thèse de l´accident semble gagner du terrain chez les enquêteurs. D eux semaines aujourd´hui que Stacy et Nathalie, 7 et 10 ans, ont disparu. Deux semaines d´angoisse pour les parents. Deux semaines aussi au cours desquelles les enquêteurs et les magistrats ont multiplié les initiatives pour tenter de retrouver la trace des deux fillettes. Pour reconstituer précisément la ligne du temps des personnes présentes lors de la double disparition, la nuit du 9 au 10 juin dans le quartier Saint-Léonard. Mais jusqu´à présent, aucun des efforts n´a payé et les petites restent introuvables.
Vendredi, les enquêteurs ont exploré les coteaux de la Citadelle avant de s´attaquer à la décharge Intradel contenant 600 tonnes de déchets. Ils y rechercheraient un pantalon taché de sang retrouvé par les éboueurs rue Vivegnis, près du lieu du drame.
S´ils gardent, bien sûr, toujours espoir de retrouver les fillettes vivantes, les policiers savent aussi que « plus le temps passe, plus les indices s´effacent ». Mais il en faudrait davantage pour abattre Thierry et Catherine, respectivement papa de Stacy et maman de Nathalie : « On n´abandonnera jamais ! », jurent-ils. Côté pistes, des conclusions commencent à être tirées. Si pas officiellement, du moins officieusement.
Un prédateur. Cette thèse reste d´actualité mais ne convainc qu´avec réticence. Comment un seul individu aurait-il pu emmener deux fillettes sans éveiller le moindre soupçon alors qu´il y avait foule autour du café « Aux Armuriers » ? « Il y a, quelque part, quelqu´un qui sait et il finira bien par parler », espère Thierry Lemmens. « Des langues vont se délier », appuie Catherine. C´est la piste la plus effrayante car la plus difficile à remonter.
Un délinquant sexuel. Dès la disparition des fillettes, une douzaine de personnes correspondant à ce profil ont été entendues dans la région. Leurs alibis ont été vérifiés et certaines ont même été perquisitionnées. A l´exception d´Abdallah Ait Oud, seul inculpé, tous sont pour l´instant hors de cause.
Abdallah Ait Oud. Les résultats parcellaires des analyses ADN ne permettent pas de dire qu´il a été en contact avec Stacy et Nathalie. Certes, il a un lourd passé judiciaire, il a tenté de se soustraire à la justice et il a légèrement changé de physionomie entre la disparition et son arrestation mais aucune preuve, aucun élément matériel ne l´accable. Autre élément troublant : il n´a pas de véhicule.
Son emploi du temps est minutieusement vérifié. « Ma fille n´aurait jamais suivi quelqu´un qu´elle ne connaissait pas », a prévenu à diverses reprises Didier Mahy, le père de Nathalie.
La fugue. La piste a été étudiée mais tant les parents que les enquêteurs semblent l´écarter.
La piste familiale. Les parents ont tous été entendus longuement par les enquêteurs mais uniquement afin de reconstituer le fil des événements. Le parquet l´a répété : « Ils ne sont en aucun cas suspects. » Un vague aïeul pourrait-il avoir soustrait les fillettes à la garde de leurs parents ? Le parquet a concédé la semaine dernière que les enquêteurs s´évertuaient à « retracer la généalogie de la famille ». Des devoirs d´enquête sont toujours en cours.
L´accident. Les fillettes, que des témoins affirment avoir vues marcher en direction des quais, seraient-elles tombées dans la Meuse ? Face à la rue Goswin, où était installé le chapiteau, un plan incliné permet d´accéder au fleuve. « Jamais les filles ne se seraient éloignées sans demander la permission », contestent Thierry et Catherine. L´eau a été draguée, la vase sondée. En vain. Mais l´hypothèse n´est pas écartée. "
Les enquêteurs piétinent
La police poursuit ses recherches pour retrouver la trace de Stacy et Nathalie. Mais l´enquête n´a pas avancé significativement, selon des sources judiciaires et policières.La police est toujours occupée à trier et à vérifier les immondices du quartier Saint Léonard où ont disparu Stacy et Nathalie, a expliqué le chef de la "cellule disparitions" de la police fédérale, le commissaire Alain Remue. Ces fouilles méthodiques débutées vendredi doivent s´achever ce samedi soir à 22 heures et pourraient éventuellement reprendre le lendemain, a expliqué le commissaire.
Les policiers tentent de retrouver des vêtements des enfants ou du principal suspect dans l´affaire, Abdellah Ait Oud. D´autre part la police continue à mener des interrogatoires, "mais rien de spécial n´est intervenu pour faire progresser l´enquête", a déploré la procureure de Liège, Anne Bourguignont. "
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