Condamné en novembre 2004 à la réclusion criminelle à perpétuité, dont 18 ans de sûreté, pour l'assassinat de sept jeunes femmes, pupilles de l'Assistance publique disparues entre 1975 et 1979, Emile Louis, 72 ans, sera rejugé à partir de mardi par la cour d'assises d'appel de Paris.
Devant la cour d'assises de l'Yonne, l'ex-chauffeur d'autocar des "Rapides de Bourgogne" avait nié l'intégralité des crimes qui lui sont reprochés. Sa défense ne devrait pas varier devant les jurés parisiens.
Le 25 novembre 2004, la cour d'assises de l'Yonne l'avait reconnu coupable des assassinats de Françoise Lemoine, Christine Marlot, Jacqueline Weiss, Chantal Gras, Madeleine Dejust, Bernadette Lemoine et Martine Renault. Sept jeunes femmes, déficientes légères, disparues dans une indifférence quasi-générale, dont certaines ont fréquenté l'institut médico-éducatif de Grattery (Yonne) où l'accusé a été chauffeur de car. Les autres ont été en contact avec lui.
Cette affaire dite des "disparues de l'Yonne" a cristallisé la somme des dysfonctionnements de l'institution judiciaire, des services de tutelle de ces jeunes femmes et de l'absence, à l'époque, de cadre juridique en cas de disparition.
Les responsables de foyers où se trouvaient les victimes ont parfois déclaré des fugues aux autorités de tutelle pour les mineures ou établi un simple constat de départ volontaire pour les majeures. Mais n'ont alerté ni les services de police ni le parquet.
Les défaillances de la justice auxerroise -lenteur, négligence, mauvaise appréciation des faits- ont alimenté les rumeurs sur l'existence de réseaux de prostitution et de pédophilie impliquant des notables locaux, forcément protégés par la justice.
Dès 1984, le parquet d'Auxerre a pourtant en main le rapport du gendarme Christian Jambert établissant un lien entre Emile Louis et les disparitions. Ce n'est qu'en mai 1997 que la cour d'appel de Paris ordonnera à un juge d'Auxerre d'instruire la plainte de l'Association de défense des handicapés de l'Yonne (ADHY). Le juge et le parquet s'y refusaient, estimant que l'enquête n'avait aucune chance d'aboutir en raison de la prescription des faits dénoncés.
Deux corps, ceux de Jacqueline Weiss et Madeleine Dejust, seront exhumés en décembre 2000 sur les indications d'Emile Louis, entendu en garde à vue.
Lors du procès d'Auxerre, sa défense plaidera les aveux extorqués. Des aveux qui ne sont qu'une "blague de terriblement mauvais goût". La découverte des deux corps n'étant que des "coïncidences horribles et accablantes".
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