La ministre de la Justice Rachida Dati a assuré dimanche à Lille que "la lumière sera(it) faite" au sujet du Viagra découvert en possession du pédophile récidiviste Francis Evrard, écroué pour les rapt et viol du petit Enis, après avoir apporté son "soutien" à la famille de l'enfant.
"Le ministère de la Santé a diligenté une enquête pour vérifier s'il (BIEN s'il) y a eu une prescription" de Viagra, a affirmé Mme Dati, à l'issue d'une réunion au tribunal de Lille avec les policiers et magistrats ayant pris part au plan "Alerte Enlèvement" déclenché après la disparition d'Enis, mercredi à Roubaix (Nord).
Francis Evrard, 61 ans, a affirmé aux enquêteurs que ce médicament contre l'impuissance masculine - dont une plaquette entamée a été retrouvée en sa possession lors de son interpellation mercredi soir - lui avait été prescrit par un médecin de la prison de Caen. L'homme y purgeait jusqu'au 2 juillet une peine de 27 ans de réclusion criminelle pour viols sur mineurs.
"Tout cela n'est pas avéré", a déclaré la garde des Sceaux, tandis que la vice-procureure de la République de Lille, Valérie Courtalon, précisait qu'"en l'état actuel, cette information ne repose que sur les déclarations de M. Evrard", condamné en 1975, 1985 et 1989 pour des attentats à la pudeur et des viols sur mineurs.
"Tout reste possible. On n'a pas retrouvé l'ordonnance", a ajouté Mme Courtalon.
La procureure adjointe de Lille, Brigitte Lamy, a précisé de son côté que "cela n'(intervenait) pas dans la nature des faits" commis sur le petit Enis.
Avant la réunion, à laquelle participaient également deux témoins majeurs -un patron de bar et un chauffeur de taxi- ayant permis de retrouver l'enfant âgé de cinq ans, Mme Dati a rendu visite au père et aux grands-parents paternels du garçonnet, à leur domicile de Roubaix.
"La famille est très choquée, traumatisée par ce qui est arrivé à leur enfant", a déclaré la ministre, en expliquant avoir "apporté (son) soutien".
Interrogé par l'AFP, le père d'Enis, Mustafa Kocakurt, a expliqué que Mme Dati leur avait dit "qu'elle allait (les) aider" et "changer la législation pour qu'elle soit plus sévère pour les (délinquants sexuels) récidivistes".
"C'est important, cela montre qu'ils veulent changer les choses pour que ça n'arrive plus", a jugé M. Kocakurt, en précisant que la ministre n'avait pas vu son fils, parce qu'il voulait "le protéger".
Devant la presse, Mme Dati a souligné sa volonté de "s'attaquer encore plus durement à la délinquance sexuelle et à la récidive" car "la récidive veut dire que la sanction est un échec".
"Le président de la République a été clair, la lutte contre les délinquants sexuels est une priorité du gouvernement", a-t-elle affirmé, à la veille d'une réunion sur ce sujet autour du chef de l'Etat, avec le Premier ministre et les ministres de la Justice, de la Santé et de l'Intérieur.
Nicolas Sarkozy devrait d'ailleurs également recevoir lundi le père d'Enis, ainsi que son grand-père, a annoncé dimanche en fin de journée M. Kocakurt, qui a assuré qu'il demanderait "au président qu'il tienne les promesses qui (lui) ont été faites" de durcir la loi contre les délinquants sexuels récidivistes.
Evrard, qui devait être soumis à un traitement hormonal à compter du 24 août, s'est affranchi depuis sa sortie de prison de ses obligations prévues dans le cadre de sa "surveillance judiciaire", en quittant par exemple sans autorisation la région de Rouen.
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