ACCUEIL

 MERCI DE VOTRE VISITE

 

 

UN ENFANT EST PRECIEUX SACHEZ L'AIMER ET LE PROTEGER

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Mardi 27 septembre 2005

Le procès d'Outreau devrait rester comme l'un des plus ahurissants fiascos judiciaires de l'après-guerre. Dès l'annonce du verdict, le garde des Sceaux a mis sur pied une commission d'experts chargée de proposer des solutions pour que plus jamais ne se renouvelle un tel dysfonctionnement. Présidé par le nouveau procureur général de Lyon, Jean-Olivier Viout - un magistrat unanimement reconnu par ses pairs - ce collège devrait rendre ses conclusions courant décembre. Dominique Perben a souhaité recevoir le lundi 27 septembre les sept acquittés du procès d'Outreau, dont deux ont effectué trente mois de détention provisoire. En exclusivité pour L'Express, le garde des Sceaux présente des pistes et des remèdes qui devraient être repris par la commission Viout

Qu'allez-vous dire aux sept acquittés d'Outreau?

 

 

D'abord, une remarque: à l'énoncé du verdict de la cour d'assises de Saint-Omer, j'ai ressenti comme tout un chacun beaucoup d'émotion. Aussi ai-je accepté de les recevoir sans la moindre difficulté, pour les écouter, bien sûr, mais également pour leur dire ma volonté, comme l'a souhaité le président de la République, de voir réhabiliter ces personnes dont la vie a été gâchée.

 


Elles veulent une indemnisation. Qu'envisagez-vous?

 

En ce qui concerne l'indemnisation pour détention provisoire abusive, il n'y a pas de problème. Elle est classique. Elle passe par le premier président de la cour d'appel, avec un recours toujours possible devant la commission ad hoc, composée de magistrats de la Cour de cassation. Les intéressés ont six mois pour introduire cette demande. J'imagine qu'elle est en train de se formaliser....

 

 

« J'ai été particulièrement affecté par l'accumulation de souffrances qu'a révélée ce procès»

 


L'autre question est de savoir si, à l'occasion de l'affaire d'Outreau, il y a eu un dysfonctionnement de la justice, autrement dit une faute lourde...

 

Effectivement. Mais la réponse est très complexe. Aussi ai-je demandé à mes collaborateurs de mettre sur pied un groupe de travail pour examiner cette question avec les avocats des intéressés. Sans préjuger quoi que ce soit, on ne peut exclure une transaction qui interviendrait entre, d'une part, les ministères de la Justice et des Finances et, d'autre part, les victimes.

 


Venons-en à la problématique du juge d'instruction, dont l'enquête a été gravement critiquée.

 

Comme beaucoup de Français, j'ai été particulièrement affecté par l'accumulation de souffrances qu'a révélée ce procès. Je pense en particulier aux violences faites aux enfants martyrisés. J'ai le sentiment que garder toute l'objectivité, toute la retenue nécessaire dans ce genre d'affaire est extrêmement difficile. Aussi, je crois que la désignation d'un second juge d'instruction permettrait une plus grande sérénité dans des enquêtes de ce genre. En effet, la possibilité offerte au juge de parler avec un de ses collègues, de partager à deux la responsabilité de l'enquête constitue une garantie essentielle. Elle permet d'alléger un fardeau beaucoup trop lourd pour un seul homme, surtout dans des dossiers à forte connotation émotionnelle.

 


Et les experts? Eux aussi semblent avoir eu des certitudes qui ont largement influencé le juge...

 

Vous avez raison. C'est une erreur à laquelle il faut remédier. Le partage des tâches entre experts et juges doit être scrupuleusement respecté. En aucun cas l'expert ne peut se substituer au magistrat: à chacun sa mission. L'expert doit répondre avec toute la compétence possible, ce qui suppose une formation continue et une pratique professionnelle effective. Quant au juge, il ne doit solliciter l'expert que sur des questions auxquelles ce dernier peut raisonnablement répondre. Mais il est indispensable que le juge garde sa liberté d'appréciation, quelles que soient les conclusions des experts.

 


Deux des acquittés ont effectué trente mois de détention provisoire. Deux autres, respectivement seize et vingt-quatre mois. Comment remédier à cet abus?

 

Je souhaite que, à l'avenir, toute personne placée en détention provisoire, depuis par exemple six mois, ait la faculté de demander à la chambre de l'instruction de la cour d'appel un réexamen de cette mesure. Ce réexamen devrait se dérouler en audience publique. J'attends sur ce point capital des propositions de la commission présidée par M. Jean-Olivier Viout.

 


Abordons la parole de l'enfant victime de violences sexuelles. Le procès d'Outreau a montré qu'elle pouvait être sujette à caution. Quelles solutions adopter pour que cette dernière soit la plus proche de la vérité?

 

Pendant de nombreuses années, on a beaucoup critiqué, y compris chez les juges, l'absence de prise en compte de la parole de l'enfant. Je vous le dis franchement: ma hantise est que les conséquences de cette affaire ne débouchent sur un retour en arrière. En clair, que de nouveau ne se profile une attitude de suspicion à l'égard des témoignages des enfants.

 


Précisément, comment garantir les bonnes conditions de recueil de la parole de l'enfant?

 

D'abord, je pense qu'un enregistrement de ses propos et un suivi de l'évolution dans le temps de ceux-ci constitueraient une avancée. Mais, surtout, les unités médico-judiciaires composées de médecins compétents devraient permettre de recueillir cette parole dans des conditions juridiques incontestables. En particulier si ce témoignage intervient au plus près des sévices dont l'enfant a été victime. J'ai mis en place l'expérience à Chalon-sur-Saône. Elle s'est poursuivie à Mâcon, Béziers, Aix-en-Provence et Saint-Nazaire. Elle devrait avoir lieu bientôt à Chartres et Lyon. Je souhaite que, dans le ressort de chaque tribunal, il y ait de telles unités.

 


La presse semble parfois avoir fait des commentaires hâtifs. Comment les éviter?

 

Effectivement, dans ce procès d'Outreau, la communication institutionnelle a cruellement fait défaut. Certes, il est normal que les avocats donnent leur point de vue aux journalistes. En revanche, ce qui ne l'est pas, c'est que l'institution judiciaire ne puisse faire œuvre de pédagogie. Expliquer comment ça se passe, pourquoi c'est comme ça. Aussi, pour l'avenir, je suis décidé, chaque fois qu'aura lieu un procès important, qu'un représentant du parquet soit à la disposition de la presse pour expliciter les choses. Non pas celui qui est acteur dans le déroulement de l'audience, mais quelqu'un d'autre faisant partie de l'équipe du procureur de la République.

 

par EXPRESS - Dominique PERBEN - propos recueillis par Laurent Chabrun et Gilles Gaetner publié dans : PROCES D'OUTREAU
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 23 septembre 2005
Le prêtre pédophile canadien Denis Vadeboncoeur, âgé de 65 ans, a été condamné mercredi à 12 ans de réclusion criminelle pour viols d´un mineur, à l´issue d´un procès qui a mis en cause le silence et la bienveillance de l´Eglise à son égard.
Devant la cour d´assises de l´Eure, l´avocat général Jean Berkani avait requis entre 12 et 15 ans de réclusion, une "peine qui permette à M. Vadeboncoeur de prendre la mesure du mal qu´il a fait" en violant un adolescent entre 1989 et 1992.

Après le verdict, l´avocat de l´ancien curé de Lieurey (Eure), Me Xavier Hubert, a qualifié de "très lourde" la sanction, ajoutant que Denis Vadeboncoeur était "accablé".
Il avait auparavant appelé les jurés à prononcer une condamnation "humaine" qui ne revienne pas à la quasi-perpétuité réclamée par l´avocat général, au regard de l´âge de l´accusé qui a reconnu les faits et sa culpabilité.
Pendant trois jours, le procès est longuement revenu sur la responsabilité de l´Eglise, qui avait autorisé Denis Vadeboncoeur à exercer en France alors qu´il avait été condamné à 20 mois de prison au Canada en 1985 pour de multiples faits de pédophilie.
En 1988, l´évêque d´Evreux, Mgr Jacques Gaillot, au courant de ces faits, l´avait pourtant nommé en 1988 curé et vicaire épiscopal, le mettant en contact avec des enfants dans l´ouest de l´Eure.
Son successeur, Mgr Jacques David, avait été averti à son tour en 1997 de la dangerosité du prêtre par l´une de ses anciennes victimes canadiennes, Eric V.. Il s´était alors contenté de muter Vadeboncoeur à Evreux, sans surveillance et avec la seule obligation de suivre une thérapie chez un psychiatre parisien.
Lorsque l´affaire éclate en 2000 avec la plainte de l´adolescent, Jean-Luc, qui avait entre 14 et 17 ans au moment des faits, Mgr David appelle les paroissiens à "prier pour Denis" et à "lui tendre la main", mais n´a pas un mot pour la victime.
 
Un enquêteur de la police judiciaire résumera ainsi cette intervention de l´évêque: "C´était l´omerta imposée dans les campagnes".
En outre, le dossier de Vadeboncoeur a inexplicablement disparu de l´évéché d´Evreux.
 
Le procès a également évoqué le grand pouvoir de séduction exercé par le prêtre aux théories permissives inspirées par la "révolution de 1968", tant sur les adolescents que sur les adultes. M. Berkani parlera de "sorcellerie" et "d´envoûtement".
Vadeboncoeur est ainsi apparu comme un homme exceptionnel à la mère de Jean-Luc, qui en a fait son confesseur, alors que dans le même temps il entraînait son "petit garçon" dans une dérive sexuelle faite de "désir et de dégoût", comme l´a raconté Jean-Luc. Une "trahison" qui a duré 10 ans.
Vadeboncoeur a toujours été considéré comme un "excellent prêtre, donnant une image exemplaire", a noté M. Berkani, qui ne s´explique pas ces "deux visages": "homme de bien le jour et criminel la nuit".
Les derniers mots du prêtre, avant que les jurés ne se retirent, ont été pour sa victime, à qui il a souhaité de se remettre de "ces années douloureuses à cause de moi" et d´"être heureux".
Pendant le procès, le prêtre a exprimé l´espoir de pouvoir mener une vie contemplative, loin du sexe et des jeunes gens. Quand la présidente du tribunal Marie-Christine Leprince lui a rappelé qu´il aurait peut-être de la prison à faire, il a répondu: "Si je mérite une peine je l´accepterai et j´essaierai de la vivre le mieux possible".
par AFP publié dans : LES PEDOPHILES, LES VIOLEURS......
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander

Calendrier

Septembre 2005
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30    
<< < > >>

Recherche

Message

 

UN ENFANT EST UN TRESOR, SACHEZ L'AIMER ET LE PROTEGER
créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus