C'est la première fois que la hiérarchie catholique prend l'initiative de s'asseoir sur le banc des victimes dans une affaire de pédophilie visant l'un de ses prêtres. Mgr de Monléon a pris cette décision avec l'aval de l'évêque de Melun. Dans cette affaire, révélée par RTL, il n'est d'ailleurs pas certain que cette constitution de partie civile soit juridiquement fondée, car seule la victime directe d'un viol peut normalement réclamer ce statut.
Le curé Henri Le Bras, 64 ans, alors en poste à Fontainebleau, est accusé d'avoir violé régulièrement un adolescent de 1995 à 1998, alors que le garçon était âgé de 12 à 15 ans. Troublé par cette affaire, le jeune homme a porté plainte en décembre 2000 contre le curé.
Jusqu'ici la hiérarchie catholique était souvent mise en cause dans les affaires de pédophilie pour le silence qu'elle observait face aux condamnations, ou même sa complicité tacite alors qu'elle n'ignorait pas les penchants des prêtres poursuivis.
Le 4 septembre 2001, l'évêque de Bayeux-Lisieux, Mgr René Pican, avait même écopé de trois mois d'emprisonnement avec sursis par le tribunal correctionnel de Caen pour ne pas avoir dénoncé les actes pédophiles d'un prêtre de son diocèse, l'abbé René Bissey.
Ce dernier avait été condamné le 6 octobre 2000 par la cour d'assises du Calvados à 18 ans de réclusion criminelle pour des viols et des attouchements sur 11 mineurs. Mgr Pican avait invoqué le secret professionnel liant les ecclésiastiques pour justifier le silence de la hiérarchie catholique. Un argument qui avait été balayé par le tribunal.
L'année dernière, Mgr Jacques Gaillot, l'évêque d'Evreux, avait été mis en cause pour avoir nommé l'abbé Denis Vadeboncoeur comme curé de Lieurey (Eure) et vicaire épiscopal du diocèse d'Evreux, alors qu'il en connaissait son passé pédophile.
Denis Vadeboncoeur, arrivé en France en 1987, avait en effet déjà été condamné le 25 octobre 1985 par la cour des sessions de la paix du Québec à 20 mois de prison après avoir été reconnu coupable d'abus sexuels sur quatre adolescents. Il a écopé le 21 septembre 2005 de 12 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de l'Eure pour d'agressions sexuelles sur un mineur de moins de quinze ans.
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