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Mercredi 27 septembre 2006

 

L'évêque de Meaux, Mgr Albert-Marie de Monléon, va se constituer partie civile aux côtés d'un jeune homme qui se dit victime de viols de la part d'un prêtre lors du procès de ce dernier devant la cour d'assises à Melun (Seine-et-Marne) les 24 et 25 octobre, a-t-on appris jeudi auprès de son avocat, Me Pierre-Olivier Sur.

 

C'est la première fois que la hiérarchie catholique prend l'initiative de s'asseoir sur le banc des victimes dans une affaire de pédophilie visant l'un de ses prêtres. Mgr de Monléon a pris cette décision avec l'aval de l'évêque de Melun. Dans cette affaire, révélée par RTL, il n'est d'ailleurs pas certain que cette constitution de partie civile soit juridiquement fondée, car seule la victime directe d'un viol peut normalement réclamer ce statut.

 

Le curé Henri Le Bras, 64 ans, alors en poste à Fontainebleau, est accusé d'avoir violé régulièrement un adolescent de 1995 à 1998, alors que le garçon était âgé de 12 à 15 ans. Troublé par cette affaire, le jeune homme a porté plainte en décembre 2000 contre le curé.

 

Jusqu'ici la hiérarchie catholique était souvent mise en cause dans les affaires de pédophilie pour le silence qu'elle observait face aux condamnations, ou même sa complicité tacite alors qu'elle n'ignorait pas les penchants des prêtres poursuivis.

 

Le 4 septembre 2001, l'évêque de Bayeux-Lisieux, Mgr René Pican, avait même écopé de trois mois d'emprisonnement avec sursis par le tribunal correctionnel de Caen pour ne pas avoir dénoncé les actes pédophiles d'un prêtre de son diocèse, l'abbé René Bissey.

 

Ce dernier avait été condamné le 6 octobre 2000 par la cour d'assises du Calvados à 18 ans de réclusion criminelle pour des viols et des attouchements sur 11 mineurs. Mgr Pican avait invoqué le secret professionnel liant les ecclésiastiques pour justifier le silence de la hiérarchie catholique. Un argument qui avait été balayé par le tribunal.

 

L'année dernière, Mgr Jacques Gaillot, l'évêque d'Evreux, avait été mis en cause pour avoir nommé l'abbé Denis Vadeboncoeur comme curé de Lieurey (Eure) et vicaire épiscopal du diocèse d'Evreux, alors qu'il en connaissait son passé pédophile.

 

Denis Vadeboncoeur, arrivé en France en 1987, avait en effet déjà été condamné le 25 octobre 1985 par la cour des sessions de la paix du Québec à 20 mois de prison après avoir été reconnu coupable d'abus sexuels sur quatre adolescents. Il a écopé le 21 septembre 2005 de 12 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de l'Eure pour d'agressions sexuelles sur un mineur de moins de quinze ans.

par AP - der/mw publié dans : LES PEDOPHILES, LES VIOLEURS......
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Mercredi 27 septembre 2006

 

La juge d'instruction d'Angoulême en charge de l'enquête sur des viols et des agressions sexuelles qu'auraient subis une quarantaine d'enfants d'une école maternelle de Ruffec (Charente), a ordonné un non-lieu en faveur de l'institutrice et son mari mis en examen dans ce dossier, a-t-on appris mardi auprès de l'association l'Enfant libre et de Me Didier Seban, avocat de plusieurs parties civiles.

 

"Nous sommes choqués, écoeurés et révoltés", a réagi Laurent Fouillet, vice-président de l'association. "Nous calmons les parents pour éviter que l'un d'entre eux ne fasse une connerie". Ceux-ci envisagent d'ores et déjà de faire appel de cette décision de non-lieu, également souhaitée par le parquet d'Angoulême.

 

Depuis de nombreuses années, cette affaire judiciaire empoisonne cette petite ville de 4.000 habitants.

 

En 1995, l'institutrice de l'école maternelle de Ruffec et son mari, un ancien gendarme de 56 ans devenu détective privé, avaient été accusés par des enfants. L'affaire avait été classée sans suites.

 

En 2001, des enfants avaient de nouveau dénoncé des agressions subies dans le logement attenant aux classes. Une information judiciaire était alors ouverte pour "viols et agressions sexuelles sur mineurs de quinze ans par personne ayant autorité" et les deux suspects, qui ont toujours clamé leur innocence, avaient alors été mis en examen et laissés libres sous contrôle judiciaire.

 

"Ce n'est pas un Outreau bis", prévient Me Didier Seban. "Il n'y a pas eu de longue période de détention provisoire, il n'y a pas d'accusation d'adultes et de manipulation quelconque".

 

Deux cent quarante enfants âgés entre 2 et 4 ans ayant fréquenté le groupe scolaire ont été entendus par les gendarmes de la Section de recherches d'Angoulême.

 

Quarante-cinq d'entre eux auraient été victimes et 68 parents et proches se sont peu à peu constitués partie civile.

 

Cependant l'absence d'éléments matériels et de traces de violences physiques subies par les enfants, attestées par des expertises médico-légales, ont convaincu le procureur et la juge Elizabeth Decencière Ferrandière, de clore ce dossier.

 

"Il y a pourtant une addition de faits et une réitération pendant plusieurs années qui aurait du conduire à un renvoi aux assises", déplore Me Seban. "Les familles ont été averties de ce non-lieu par un simple courrier elliptique. Une fois encore, la justice ne respecte pas leur douleur".

 

par AP - veg/cov/cr publié dans : PLUS JAMAIS
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