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Lundi 30 octobre 2006

 

Un prêtre accusé de viols et d'atteintes sexuelles sur un jeune garçon a été condamné mercredi à 10 ans de réclusion par la cour d'assises de Seine-et-Marne, devant laquelle l'Eglise s'était portée partie civile, pour la première fois de son histoire dans ce type d'affaires.

 

Conformément aux réquisitions de l'avocat général, Henri Le Bras, 64 ans, a été condamné à 10 ans de réclusion pour avoir imposé, entre 1995 et 1998, des relations sexuelles à un garçon né en 1983, alors qu'il était prêtre à Fontainebleau puis à Moret-sur-Loing.

 

Le curé, qui comparaissait libre après avoir passé deux ans et demi en détention provisoire, devait être écroué mercredi soir.

 

La cour d'assises a par ailleurs demandé son inscription sur le fichier des délinquants sexuels.

 

La victime, un jeune homme âgé aujourd'hui de 23 ans, a par ailleurs obtenu 15.000 euros de dommages et intérêts. Il s'est dit "lavé de toutes ces choses sales" et prêt à aborder "une nouvelle vie", bien qu'il ait été "déçu que l'abbé ne reconnaisse pas tout".

 

M. Le Bras a nié tout au long du procès les faits de viol, ne reconnaissant que des attouchements. Il avait reconnu l'intégralité de ce que lui reprochait la victime devant les enquêteurs et le juge d'instruction, avant de se rétracter.

 

Il avait donné 150 à 170.000 francs (environ 23.000 à 26.000 euros) à la victime, soit la totalité de ses économies plus un prêt, après qu'elle eut menacé de le dénoncer à la police.

 

Le prêtre, qui comparaissait pour viols et atteintes sexuelles sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité, encourait 20 ans de prison.

 

Les faits se seraient notamment déroulés pendant des séjours au presbytère de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes) et dans une communauté de religieuses à La Plagne (Savoie).

 

Ce procès revêt une dimension particulière pour l'Eglise dans la mesure où, pour la première fois de son histoire, elle était partie civile aux côtés de la victime, la demande en ce sens de l'évêque de Meaux ayant été jugée recevable par la cour.

 

Il y a quatre ans, l'Eglise s'était déjà constituée partie civile dans une affaire de pédophilie impliquant un prêtre jugée en correctionnelle à Strasbourg, mais cette constitution avait été jugée irrecevable par le tribunal.

 

Mgr Albert-Marie de Monléon, l'évêque de Meaux, absent du procès à huis-clos, tiendra jeudi une conférence de presse à l'évêché de Meaux.

 

La démarche de l'évêque a été accueillie assez fraîchement par la victime, aujourd'hui âgée de 23 ans. "C'est un peu tard pour réagir", avait estimé le jeune homme, qui a attendu vainement une réaction de l'Eglise depuis qu'il a dénoncé les faits en 2000.

 

Me Guy Aurenche, avocat du prêtre, a pour sa part souligné une nouvelle fois que la réponse judiciaire n'était pas forcément la meilleure, selon lui, à ces affaires de pédophilie, demandant: "comment se fait-il que mon client n'ait eu personne à qui parler, pendant toutes ces années? Plutôt que de répondre par voie judiciaire, l'Eglise devrait se demander comment former les prêtres sur les questions liées à la vie sexuelle, comment les accompagner, et réfléchir à la question du célibat obligatoire".

par AFP - Stéphanie LEROUGE publié dans : LES PEDOPHILES, LES VIOLEURS......
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