Le procès en appel de l'affaire de pédophilie d'Outreau a repris mardi matin devant les assises de Paris avec la lecture des 1.551 questions auxquelles les jurés du premier procès de Saint-Omer ont dû répondre lorsqu'ils ont rendu leur verdict en juillet 2004.
Les six accusés qui ont fait appel de leur condamnation avaient déjà dû entendre lundi pendant de longues heures la lecture de l'arrêt de renvoi, pièce maîtresse de l'accusation qui est aujourd'hui en grande partie obsolète en raison notamment des rétractations de la principale accusatrice, Myriam Badaoui.
La lecture des questions et des réponses données par les jurés de Saint-Omer sur la culpabilité des 17 accusés envers 16 enfants victimes (viols, agressions sexuelles) est obligatoire et devrait prendre toute la journée. Les jurés de Saint-Omer avaient prononcé sept acquittements et dix condamnations.
Après avoir réglé ces questions de procédure, le procès devrait entrer mercredi dans le vif du sujet avec les premières auditions de témoins.
Les six accusés - une femme et cinq hommes - comparaissent libres.
L'abbé Wiel et Franck Lavier sont jugés pour viols sur mineurs. Sandrine Lavier, Thierry Dausque, Daniel Legrand et Alain Marécaux pour agressions sexuelles ou corruption de mineurs.
Lundi, après la sélection des jurés - six hommes et six femmes, la présidente de la cour, Odile Mondineu-Hederer, a souhaité que le délibéré "se fasse dans une grande sérénité", excluant un verdict rendu la nuit, comme cela s'était passé au procès de Saint-Omer.
Son déroulement tout comme les condamnations de juillet 2004 ont ébranlé l'institution judiciaire, les charges initiales contre les 17 accusés s'étant largement effondrées après les rétractations de la principale accusatrice, Myriam Delay.
Sept ont été acquittés et dix condamnés dont les deux couples accusateurs qui ont reconnu les faits.
Dans une lettre adressée au procureur général de Paris que l'AFP a pu lire, l'ex-époux de Myriam Badaoui, Thierry Delay, condamné à 20 ans de réclusion pour viols sur mineurs, proclame que les six accusés qui ont fait appel "sont tous innocents".
Ce courrier du 26 octobre, remis à la cour, confirme la position que M. Delay avait adoptée à Saint-Omer où il avait mis hors de cause les autres accusés, à l'exception de son couple et de ses voisins, Aurélie Grenon et David Delplanque.
Concernant l'abbé Dominique Wiel, il précise "avoir la certitude" que son fils Marc "a menti", à propos d'un courrier accusateur précédent.
Une seconde lettre, dans laquelle Odile Marécaux laisse entendre que son ex-époux "achèterait" le silence de son fils Michel, a été remise à la cour. M. Marécaux a été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour agressions sexuelles sur ce dernier, qu'il a toujours niées. "Ce couple aujourd'hui se déchire", a réagi l'avocat de M. Marécaux, Hubert Delarue, parlant d'"un petit coup de pied de l'âne".
Le procès avait dû être reporté de jeudi à lundi en raison de l'hospitalisation de l'un des accusés, Thierry Dausque.
Dausque, condamné à 4 ans dont un avec sursis, Dominique Wiel (7 ans), Franck et Sandrine Lavier (respectivement 6 ans ferme et 3 ans avec sursis), Daniel Legrand fils (3 ans dont un avec sursis) et l'huissier Alain Marécaux comparaissent libres. L'abbé Wiel et Thierry Dausque sont jugés pour viols sur mineurs, les autres pour agressions sexuelles ou corruption de mineurs.
Le parquet n'ayant pas fait d'appel incident, une situation rarissime, signe du malaise de l'accusation selon la défense, ils ne risquent pas davantage que leur première peine.
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