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Mercredi 9 mars 2005
Procès d'Angers : le sinistre défilé des accusés
- Le tribunal d'Angers, sous haute surveillance -

Le tribunal d'Angers, sous haute surveillance
Les accusés se suivent et se ressemblent dans la misère, au procès de la pédophilie d'Angers.

Le procès de pédophilie d'Angers est parvenu vendredi à mi-chemin dans l'examen des personnalités des 66 accusés, qui composent une sociologie tristement homogène, marquée par l'indigence intellectuelle et des difficultés de compréhension voire de communication.

 La cour d'assises de Maine-et-Loire, qui entamera lundi la quatrième semaine du procès, a mené jusque-là une trentaine d'interrogatoires de personnalité et devrait poursuivre ceux des autres accusés jusqu'au 4 avril.
   Selon le calendrier des débats préétabli, pour l'instant respecté, les faits ne seront évoqués qu'à partir du 12 avril, avec le visionnage des auditions enregistrées des 45 enfants victimes, âgées de 6 mois à 12 ans au moment des faits, entre janvier 1999 et février 2002.


"Procès de la honte", "l'horreur angevine", "la misère sociale sur le banc des accusés", "Le procès du quart-monde"... Tant dans les médias que dans les rues d'Angers, on ne sait pas par quel bout prendre ce nouveau procès de la pédophilie et de l'inceste, ce procès  « hors norme ». "Hors norme" pour son gigantisme – un immense « réseau de l’horreur » de 66 personnes, un nombre d’accusé jamais atteint en France en matière criminelle – et par sa nature, des pères et des mères de familles ayant violé et/ou prostitué leurs propres enfants.

Quelques mois après le polémique procès d'Outreau, ce procès pose de nombreuses questions : c'est un peu celui  des services sociaux du Maine-et-Loire, partie civile mais accusée de graves dysfonctionnements, celui de la souffrance et de la parole des enfants, celui d'une organisation complexe, tant pour les juges, pour les avocats, que pour les jurés. De son côté, Claire Brisset, défenseure des enfants,  a demandé sur l'antenne du 12/14 Ouest ce mercredi midi le respect de l'anonymat des jeunes victimes (voir entretien en vidéo).


11 mars : les interrogatoires se poursuivent
- La cour d'assises du Maine-et-Loire -

Les prénoms des enfants ont été changés pour garantir leur anonymat.

 Les interrogatoires de personnalité se sont ouverts avec Jean-Claude, poursuivi pour agression sexuelle sur une de ses petites-filles. L'homme, 59 ans, cheveux blanc et moustaches, n'est pas loquace, estimant n'avoir "pas grand-chose à dire".
   Il a des difficultés à se souvenir des dates et reconnait avoir eu des problèmes scolaires: "Je sais lire quand même un peu, j'écris mais je fais des fautes". Un peu plus tard, il avoue ne pas comprendre ce que veut dire "vie sentimentale".
problèmes d'alcoolisme
   Il reconnait aussi des problèmes d'alcoolisme, mais affirme ne jamais avoir
frappé ses enfants et se considère comme un père "normal". Une de ses filles
confirme ses dires à la barre. Mais Patricia, 32 ans, qui n'est pas sa fille biologique, mais a été reconnue par lui "comme ça, pour rendre service", dément. Considérée comme la "trésorière du réseau", et accusée d'avoir prostitué 31 enfants, elle évoque un climat de violence chez sa mère et son beau-père.
   Elle l'accuse notamment de l'avoir violée lorsqu'elle avait entre 6 et 9 ans. S'en suit une triste passe d'armes entre l'accusée et plusieurs avocats. Il s'agit de savoir si, comme elle le soutient, son agresseur présumé, opéré d'un cancer, n'avait qu'un seul testicule au moment des faits.
"Jusqu'au nombril, c'est tout"
   "J'ai jamais fait de mal à personne", répond le beau-père. Il semble oublier avoir été condamné en 2000 pour agression sexuelle sur Marine, la fille de Patricia.
   "Ah oui, j'ai touché, il parait", avoue-t-il. Se disant condamné à tort, il admet lui avoir "caressé le ventre, mais jusqu'au nombril, c'est tout".
Patricia poursuit ses accusations, affirmant avoir été également violée "par Monsieur". "Qui est Monsieur?", lui demande le président. "C'est mon ex-mari (qu'elle n'évoque que par son nom de famille, ndlr) et ses copains", précise-t-elle, donnant ensuite les noms de trois accusés au procès.
"un père violent, qui a violé plusieurs de mes soeurs" 
   "Salope", crie aussitôt une voix sur le banc des accusés, vite réprimandé par le président.
   A la suite, Jean-Marc, 40 ans, est volubile. L'accusé, pédophile notoire, est déjà condamné à trois reprises pour agressions sexuelles et viols sur mineurs. Il attend prochainement un arrêt de la cour d'appel d'Angers sur une affaire similaire.
   Petit, sec, petites moustaches et grosses lunettes pour soigner un handicap visuel, il répond avec empressement. Il évoque un père violent, "mais pas avec moi", qui aurait violé plusieurs de ses soeurs. Lui-même se dit victime d'agressions sexuelles à l'école.
Une mère "adorable"
   Huitième d'une fratrie de dix, il décrit une mère "adorable", et s'emporte lorsque l'avocat général sous-entend qu'elle aurait pu avoir des relations sexuelles avec un de ses frères: "Ma mère, elle est pas comme ça, faites attention à ce que vous dites".
   Scolarisé en institut spécialisé, il sait que "c'est défendu de toucher les parties génitales d'un enfant", et admet "quand même" qu'il est pédophile. Il refuse cependant de s'exprimer sur ses pulsions parce que "ça va m'énerver".

- Un procès sous haute surveillance -

9 mars : fin de la lecture et nouveaux incidents

"Si je te chope, je te tue"
 Au moment d'une suspension d'audience, Jean-Marc, un accusé détenu de 41 ans, a violemment insulté et menacé un coaccusé qui le met en cause dans l'ordonnance de renvoi. "Si je te chope, je te tue", a-t-il hurlé avant d'être expulsé.
   "A partir du moment où on aborde les accusations, on peut craindre des excès. Tout peut arriver. Et même des révélations à propos des +cagoulés+, pourquoi pas", a déclaré à la presse Me Jacques Monier, avocat des parties civiles,évoquant des agresseurs cagoulés mentionnés par l'ordonnance de renvoi.
Une série d'incidents 
Lundi, un détenu a été pris de vomissements, avant qu'un autre ne révèle un problème d'incontinence dans la salle d'audience. Une accusée libre qui comparaît pour "non dénonciation d'atteintes sexuelles" a été brièvement hospitalisée pour hypoglycémie. Elle a eu un autre malaise mardi et a dû être à nouveau évacuée de la salle.
   Mardi encore, une accusée libre enceinte a été autorisée à quitter la salle en raison de la fatigue accumulée. Une autre, détenue, a fondu en larmes à la lecture de l'ordonnance.
   Plusieurs femmes sanglotaient également mercredi, tandis que d'autres semblaient plus agitées.
L'horreur la plus totale
    L'ordonnance souligne notamment "le calvaire" de deux fillettes de 3 et 4
ns, victimes en 1999 de 25 adultes et "réduites à l'état d'objets sexuels par leurs parents".
   Les jurés ont écouté les descriptions d'enfants dénudés, prostitués et contraints de "jouer au papa et à la maman" avec les adultes, hurlant parfois de douleur et suppliant d'arrêter.
Les enfants-victimes accusent
    Les jurés ont également entendu les accusations des enfants, intervenues plus tardivement. "Papa bobo moi...fait bêtise", a ainsi déclaré une petite victime selon l'ordonnance. "Des messieurs nus me faisaient des câlins", "maman était là, des fois elle regardait", disent d'autres

7 mars : une lecture très pénible
La journée a été consacrée à la lecture de l'ordonnance de renvoi, qui doit durer trois jours.

   Cinq greffiers se sont relayés pour lire ce document de 430 pages, rédigé par les juges d'instruction Virginie Parent et Isabelle Pavanelli, qui relate l'abjecte succession des agressions et viols dont ont été victimes 45 mineurs, souvent les propres enfants des accusés, entre 1999 et 2002.
Les aveux du couple à la tête du réseau
    Selon l'ordonnance, le couple présenté comme la tête du réseau, Patricia et Franck, a reconnu avoir organisé à son domicile la prostitution de nombreux enfants dont les siens, à la demande de quatre frères issus de deux familles.
   Ces derniers, pédophiles notoires, y amenaient d'autres adultes pour abuser des enfants contre rémunération.
   Au fil de l'enquête, l'identification progressive des victimes a conduit à la mise en cause des parents qui prêtaient leurs enfants contre de petites sommes d'argent ou des colis alimentaires, au domicile du couple ou dans d'autres lieux.
deux fillettes réduites à l'état d'objet sexuel
  Au total, une centaine de scène d'agressions sexuelles et de viols ont été recensées.
L'ordonnance de renvoi souligne notamment "le calvaire" des deux filles du couple principal, âgées de 3 et 4 ans en 1999, victimes au total de 25 adultes identifiés à ce jour et "réduites à l'état d'objets sexuels par leurs parents".
L'ordonnance, qui présente sous forme de synthèse chaque accusé et les faits qui lui sont reprochés, n'épargne aucun détail, relatant une série de scènes de débauche impliquant adultes et enfants jusqu'à l'orgie.
 "maman était là, des fois elle regardait"
  Les jurés ont dû écouter "sans manifester leurs opinions", comme leur a ordonné le président de la cour Eric Maréchal, les descriptions d'enfants dénudés, contraints de"jouer au papa et à la maman avec les adultes", hurlant parfois de douleur et suppliant d'arrêter.
   Outre les témoignages des adultes, qui s'accusent les uns les autres, ce sont surtout les mots des enfants, lus par les greffiers, qui resteront gravés dans la mémoire des jurés. "Des messieurs nus me faisaient des câlins", "maman était là, des fois elle regardait", "parfois papa me faisait mal", expliquent-ils notamment.
Deux accusés victimes de malaise pendabt la lecture
    Dans la salle, les accusés sont restés les bras croisés, sans bouger, secouant parfois la tête comme pour nier certains faits. Au cours de la lecture, plusieurs suspensions ont été ordonnées, dont deux pour des accusés victimes de malaises. En début d'audience, une jeune femme, qui comparaît libre, a dû être évacuée et brièvement hospitalisée, avant de regagner sa place dans la salle. Un deuxième accusé, détenu, a été évacué un peu plus tard, victime de vomissements.
en la présence de Claire Brisset
   La Défenseure des enfants, Claire Brisset, avait tenu à être présente "pour la lecture de ces faits abominables", soulignant qu'"un enfant a beaucoup de mal à se reconstituer après des actes aussi atroces".
   La lecture de l'ordonnance de mise en accusation doit se poursuivre jusqu'à mercredi soir.

Le déroulement de la semaine
- Les avocats devront réaménager leur emploi du temps pendant la durée du procès. -

 A partir de ce lundi, quatre greffières vont se relayer durant trois après-midis pour lire l'imposante ordonnance de mise en accusation (430 pages) rendue par les deux juges d'instruction détachées sur cette affaire, Virginie Parent et Isabelle Pavanelli.
Selon les conclusions de l'instruction, certains des accusés "proposaient" leurs enfants à d'autres - parents, proches, voisins -, en échange de petites sommes d'argent, voire de colis alimentaires, de cartouches de cigarettes ou de pneus de voiturette sans permis. Les victimes étaient, elles, parfois récompensées par des bonbons ou quelques pièces déposées dans leur tirelire.
   Les sévices sexuels auraient été commis entre janvier 1999 et février 2002 notamment dans l'appartement d'un couple de trentenaires situé à Saint-Léonard, un quartier périphérique d'Angers, et dans le cabanon d'un jardin ouvrier des Ponts-de-Cé, dans la banlieue angevine.
Les débats commenceront jeudi  
  Les débats commenceront jeudi, avec les interrogatoires de personnalité des membres d'un des principaux clans familiaux mis en cause. La cour s'intéressera jeudi au cas de Franck, un employé de 35 ans, puis, vendredi, à son épouse Patricia, 32 ans, considérés respectivement comme l'un des organisateurs et la "trésorière" du réseau.
   L'itinéraire du père de Franck, Philippe, un ouvrier de 59 ans qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, sera évoqué également jeudi.
   Deux frères d'une autre famille, Eric, un maçon de 38 ans, accusé à lui seul de proxénétisme sur 35 enfants, et Jean-Marc, 40 ans et sans profession, seront interrogés vendredi après-midi. Ces deux pédophiles en situation de récidive légale risquent également la perpétuité.

4 mars : l'appel des quelques 225 témoins
- Christophe Béchu, président du conseil général du Maine-et-Loire -

Christophe Béchu, président du conseil général du Maine-et-Loire.

Les services sociaux, témoins les plus attendus
Premier témoin appelé, le président du conseil général, Christophe Béchu (UMP), s'est présenté devant la cour en qualité de responsable des services sociaux du département, mis en cause par la défense pour d'éventuels "dysfonctionnements" dans le suivi de la plupart des 66 accusés.
   M. Béchu, également partie civile en tant qu'administrateur ad hoc de 44 des 45 victimes, âgées de 6 mois à 12 ans au moment des faits, a réaffirmé devant la presse son souhait que "le procès de la souffrance des enfants ne devienne pas celui des institutions".
   Parmi les témoins cités figurent une quarantaine de travailleurs sociaux, des professionnels médico-psychologiques travaillant au côté des 40 victimes placés à l'Aide sociale à l'enfance (ASE), ainsi que des membres de l'entourage des accusés, proches et parents
Des prévenus abandonnés, sans témoinde personnalité
  Près d'un tiers (20) des personnes renvoyées devant les assises - 39 hommes
et 27 femmes, âgés de 23 à 73 ans - ne bénéficieront cependant d'aucun témoin de
personnalité.
   "Ils n'ont pas trouvé une personne qui serait capable de venir dire du bien d'eux, de les sortir de là, ce qui montre bien la misère et la détresse dans laquelle ils se retrouvent", a estimé Me Nicolas Orhan, avocat de deux accusés.
   C'est notamment le cas de Patricia, 32 ans, l'une des principales accusées, poursuivie notamment pour "proxénétisme aggravé en bande organisé" sur 31 mineurs.
   "Elle est isolée. Son mari est en prison, sa mère est décédée durant l'instruction, ses enfants ont été placés. Elle a un sentiment d'abandon et a l'impression d'être une bête sauvage ici", a expliqué aux journalistes son avocate, Me Monique Vimont. Elle et ses 65 co-accusés sont restés impassibles vendredi durant l'audience.
"Le procès du quart-monde", quand la misère et l'horreur se reproduisent
Pour la défense encore, Me Pascal Rouiller, espère, grâce aux quelques témoignages favorables dont certains bénéficieront, trouver "la démonstration de ce que nous avançons depuis longtemps: c'est le procès du quart-monde. Nous trouvons, parmi les accusés, des gens qui ont été violés habituellement durant leur enfance et qui n'ont fait que reproduire ce qu'ils ont vécu".
   La partie civile également veut croire que les dépositions des témoins apporteront "un éclairage sur la personnalité d'accusés qui vont être incapables de s'exprimer".
   "Ces témoins vont peut-être permettre de comprendre comment ces gens, qui ne sont pas forcément des pervers mais n'avaient aucune barrière, en sont arrivés là ", a estimé Me Régine de la Morinière, conseil de l'association Enfance Majuscule. Les témoins seront entendus par la cour du 10 mars au 16 juin.

3 mars, première journée : les faits
- Une stucture a été aménagée au coeur même de la salle des pas perdus du Palais de justice d'Angers. -

Huis-clos partiel prononcé
"Pour protéger l'anonymat et l'intimité" des 45 victimes, toutes mineures à l'ouverture du procès, la cour d'assises de Maine-et-Loire a prononcé un huis-clos partiel qui permettra à la presse, mais pas au public, de suivre les débats, d'une durée prévisible de quatre mois.
vérification de l'identité des accusés
   Le président de la cour, Eric Maréchal, a d'abord vérifié l'identité des accusés - 39 hommes et 27 femmes, âgés de 23 à 73 ans -, qui devront répondre
d'infractions concernant 45 enfants de 6 mois à 12 ans au moment des faits, prostitués et abusés parfois par leurs parents ou leurs grands-parents.
Attitude plus-ou-moins désinvolte des accusés
   Les accusés, issus pour l'essentiel de milieux défavorisés, aux corps et visages souvent marqués par la vie, se sont levés un à un pour réagir à l'appel de leur nom, faisant retentir un "oui" ou un "ouais" plus ou moins désinvolte, sans doute un peu dépassés par l'enjeu d'un procès très médiatisé.
   Le président a seulement tancé l'un des 39 détenus, auteur d'un "yes" sonore, auquel il a lancé: "Vous êtes devant une cour d'assises". A une autre accusée qui venait de lui donner du "votre honneur", comme si elle jouait dans une série américaine, le magistrat a également fait remarquer que "Monsieur suffira pour la suite des débats".
Tirage au sort des jurés...
La cour a ensuite procédé au tirage au sort des jurés, neuf titulaires (cinq hommes et quatre femmes) et huit supplémentaires (six femmes et deux hommes), qui pourront bénéficier du soutien d'une cellule psychologique pour affronter les détails d'un dossier particulièrement sordide.
... et première polémique

 "Je considère que le dossier est injugeable en l'état", a indiqué Me Descamps, avant de demander la mise en place d'un "collège national d'experts psychologiques" pour répondre à cette question: "Est-ce que les juges et les jurés d'Angers bénéficieront après quatre mois de leurs pleines capacités de concentration et d'attention ?"
   La cour s'est brièvement retirée avant de rejeter cette demande, en accord avec la partie civile et l'avocat général Ivan Auriel.
   A l'unisson de son confrère, Me Pascal Rouiller a critiqué "le choix de l'institution judiciaire" dans cette affaire, qui a été selon lui de "charger la mule" et de fixer à la cour et aux jurés "un but d'emblée hors d'atteinte".

Retour sur une affaire sordide

    Les faits se seraient déroulés entre janvier 1999 et février 2002 notamment dans l'appartement d'un couple de trentenaires situé à Saint-Léonard, un quartier périphérique d'Angers.
"locations d'enfants"!!! 
   L'instruction a établi que certains des accusés "louaient" leurs enfants à d'autres - parents, proches, voisins -, en échange de colis alimentaires, de cartouches de cigarettes ou de modestes sommes d'argent.
"Cela a fonctionné un peu comme un pain de plastic : la masse de ces gens serait sans doute restée inerte sans un détonateur, à savoir trois ou quatre personnes perverses qui ont fait exploser le tout", estime Me Alain Fouquet, l'un des 60 avocats du procès, qui est sur les bancs de la partie civile.
L'une des caractéristiques est la "participation active" de nombreuses femmes aux sévices, alors qu'elles sont en général poursuivies pour "complicité" ou "non dénonciation" dans ce type de dossier. Une seule victime est représentée par sa mère au procès.
victimes et agresseurs pas tous identifiés
    Contrairement au procès d'Outreau, la majorité des accusés a reconnu les faits. La défense entend cependant développer la thèse d'un réseau organisé qui aurait dépassé les cercles familiaux, en évoquant l'intervention de personnes "encagoulées" mentionnées par certains témoins, et de photos et d'images vidéo des scènes de viol.
   La juge Virginie Parent continue son instruction afin de faire toute la lumière sur les éventuelles ramifications.
   "On est certains de ne pas avoir identifié toutes les victimes et il est probable qu'on n'a pas identifié tous les agresseurs", reconnaît le vice-procureur Hervé Lollic.
Verdict attendu fin juin
   Le verdict est attendu fin juin, à l'issue d'une semaine de délibéré. Le président du Conseil général du Maine-et-Loire, Christophe Béchu (UMP),   administrateur ad hoc de 44 des 45 victimes, a souhaité que ce procès suscite "une prise de conscience collective" sur la prévention de la criminalité sexuelle.

publié dans : PROCES D'ANGERS
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