Vendredi 30 décembre 2005
Quand on est chef de famille, il est difficile dŽaccepter de se faire traiter de violeur. Du reste quand on habite avec épouse et enfants, comment faire pour y amener une autre femme ? Poursuivi pour viol, Mamadou Ba a posé la question au tribunal, espérant ainsi battre en brèche les accusations de la petite M. M. âgée seulement de 14 ans.
Tous deux habitent le même immeuble et, à en croire la petite, un jour, il lŽavait envoyée acheter des cigarettes. A son retour, il avait saisi lŽoccasion pour la faire entrer dans la chambre et abuser dŽelle. Dans quelles conditions ? Comment avait-elle réagi ? A ces deux questions, M. M. ne sŽest pas montrée très bavarde et sŽest contentée de donner des réponses évasives. Le seul élément que lŽon a pu retenir, cŽest quŽelle connaissait la chambre de M. Ba, puisquŽelle a su le décrire. Mais le malheur a voulu quŽelle tombât enceinte.
Ce dernier a pourtant, contre vents et marées, nié avoir abusé dŽelle. A lŽen croire, cette dernière nŽa jamais mis les pieds dans son appartement et il ne lŽa, à aucun moment, envoyé acheter des cigarettes.
Mais alors pourquoi lŽaurait-elle accusé de viol ? Il lui était dŽautant plus difficile de répondre à cette question que, selon lui, aucun différend ne les opposait.
En fait, son système de défense a semblé des plus approximatifs et a consisté à nier, tout en essayant de noyer le tribunal sous un flot de paroles qui nŽavaient rien à voir avec lŽaffaire pour laquelle il avait été attrait à la barre. Pis, lors de lŽenquête préliminaire, il avait essayé de mettre en cause un certain Kabiné Sakho, qui aurait engrossé la petite. Interrogé à ce propos, il a été moins affirmatif en déclarant avoir entendu cela dans son entourage.
Eléments objectifs
En fait, tout au long de son interrogatoire, Mamadou Ba a essayé de faire tourner son monde en ronde. Quid de la petite M. M. Lors de lŽenquête préliminaire, elle avait déclaré que Mamadou Ba sŽétait dŽabord déshabillé avant de sŽattaquer à elle. A la barre, ce ne fut pas, tout à fait, la même chose. Il lui avait dŽabord enlevé son pantalon avant de lui mettre du scotch sur la bouche et de maîtriser ses bras. Elle sŽétait ensuite essuyée, toute seule et avait gardé le silence pendant trois mois. Mais une grossesse, on ne pouvait pas la cacher pendant longtemps.
Mais il nŽen demeure pas moins, quŽelle a pu décrire, au détail près, la chambre de Mamadou Ba. Elle nŽaurait pas pu le faire, si elle nŽy avait pas été. Et cŽest ce que ses conseils, Mes Emmanuel Padonou et Ndèye Fatou Touré, ont dŽabord souligné dans leurs plaidoiries. Selon eux, lŽépouse du prévenu, au moment des faits, était en Guinée et celui-ci vivait donc seul dans lŽappartement. Adepte de Bacchus, il avait pu, après avoir un peu trop levé le coude, avoir des idées en voyant la petite. Son imagination avait fait le reste ?
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