Les prénoms des enfants ont été changés pour garantir leur anonymat.
Les interrogatoires de personnalité se sont ouverts avec Jean-Claude, poursuivi pour agression sexuelle sur une de ses petites-filles. L'homme, 59 ans, cheveux blanc et moustaches, n'est pas loquace, estimant n'avoir "pas grand-chose à dire". Il a des difficultés à se souvenir des dates et reconnait avoir eu des problèmes scolaires: "Je sais lire quand même un peu, j'écris mais je fais des fautes". Un peu plus tard, il avoue ne pas comprendre ce que veut dire "vie sentimentale". problèmes d'alcoolisme Il reconnait aussi des problèmes d'alcoolisme, mais affirme ne jamais avoir frappé ses enfants et se considère comme un père "normal". Une de ses filles confirme ses dires à la barre. Mais Patricia, 32 ans, qui n'est pas sa fille biologique, mais a été reconnue par lui "comme ça, pour rendre service", dément. Considérée comme la "trésorière du réseau", et accusée d'avoir prostitué 31 enfants, elle évoque un climat de violence chez sa mère et son beau-père. Elle l'accuse notamment de l'avoir violée lorsqu'elle avait entre 6 et 9 ans. S'en suit une triste passe d'armes entre l'accusée et plusieurs avocats. Il s'agit de savoir si, comme elle le soutient, son agresseur présumé, opéré d'un cancer, n'avait qu'un seul testicule au moment des faits. "Jusqu'au nombril, c'est tout" "J'ai jamais fait de mal à personne", répond le beau-père. Il semble oublier avoir été condamné en 2000 pour agression sexuelle sur Marine, la fille de Patricia. "Ah oui, j'ai touché, il parait", avoue-t-il. Se disant condamné à tort, il admet lui avoir "caressé le ventre, mais jusqu'au nombril, c'est tout". Patricia poursuit ses accusations, affirmant avoir été également violée "par Monsieur". "Qui est Monsieur?", lui demande le président. "C'est mon ex-mari (qu'elle n'évoque que par son nom de famille, ndlr) et ses copains", précise-t-elle, donnant ensuite les noms de trois accusés au procès. "un père violent, qui a violé plusieurs de mes soeurs" "Salope", crie aussitôt une voix sur le banc des accusés, vite réprimandé par le président. A la suite, Jean-Marc, 40 ans, est volubile. L'accusé, pédophile notoire, est déjà condamné à trois reprises pour agressions sexuelles et viols sur mineurs. Il attend prochainement un arrêt de la cour d'appel d'Angers sur une affaire similaire. Petit, sec, petites moustaches et grosses lunettes pour soigner un handicap visuel, il répond avec empressement. Il évoque un père violent, "mais pas avec moi", qui aurait violé plusieurs de ses soeurs. Lui-même se dit victime d'agressions sexuelles à l'école. Une mère "adorable" Huitième d'une fratrie de dix, il décrit une mère "adorable", et s'emporte lorsque l'avocat général sous-entend qu'elle aurait pu avoir des relations sexuelles avec un de ses frères: "Ma mère, elle est pas comme ça, faites attention à ce que vous dites". Scolarisé en institut spécialisé, il sait que "c'est défendu de toucher les parties génitales d'un enfant", et admet "quand même" qu'il est pédophile. Il refuse cependant de s'exprimer sur ses pulsions parce que "ça va m'énerver".
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