Longtemps j'ai cru que ce qui m'était arrivé était dû au hasard, et la suite de ma vie aussi.
Avant dernière de 5 enfants, c'était un hasard si ma mère avait "des préférences" dans ses enfants, c'était un hasard si mon oncle avait "jeté" son dévolu sur moi, c'était un hasard également si l'année où tout a cessé (c'est l'année où mon oncle a essayé de me sodomiser et que je lui ai dit que j'allais le dire à mon père parce qu'il m'avait dit que c'était un secret, et que moi je ne comprenais pas pourquoi), j'ai failli mourir d'une péritonite 5 jours après une appendicite(parce qu'en fait je n'ai rien dit du tout, tout était dans mon ventre), puis ce fut un hasard qu'à l'âge de 17 ans j'ai été victime d'abus pas un brancardier dans un hôpital et puis un hasard également si à 19 ans je fus agressée par un homme qui voulait soulager "ses besoins sexuels" par la force , sa femme étant enceinte.
Un pure hasard aussi, si je suis atteinte d'une maladie horpheline qui m'a obligée à me faire opérée 7 fois dans la région du pubis et qui depuis un certain temps s'est "endormie" depuis que je me suis réappropriée cette partie là de mon corps
Le hasard a voulu aussi que de très grosses angoisses surviennent, alors que j'apprenais que j'étais enceinte (enfant désiré très désiré même), et puis le hasard encore m'a fait rentré en clinique 4 ans après la naissance de mon fils.
Et puis le hasard m'a fait appeler un psy....
Et là j'ai compris, j'ai compris que si j'avais été victime de mon oncle, c'est parce que j'étais une proie facile, qui ne demandait que de l'amour.
J'ai compris, que par mon comportement, les potentiels agresseurs savaient qu'avec moi c'était facile.
J'ai compris que le fait de me sentir enceinte, m'a fait prendre conscience que j'avais un corps, et qu'en plus il vivait (grâce au petit bout de chou que j'avais dans mon ventre), là mon corps ne pouvait pas faire autrement que de vivre.
J'ai compris que mon mal au ventre que j'exprimais à mes parents n'était pas dû à une appendicite(chose qui d'ailleurs à l'époque avait été dite par le chirurgien qui n'expliquait pas ces mots de ventre, par ce tout petit bout d'apendice enlevé). La preuve le mal au ventre a continué avec une péritonite pour bien faire comprendre que j'avais vraiment mal, mais personne n'a compris là non plus.
J'ai compris que cette maladie horpheline n'était que le signe que la souffrance était toujours là même à 30 ans.
J'ai compris que j'étais une femme, qui si elle regarde derrière elle, peut être fière du chemin parcouru malgrè toutes les phrases dites à mon sujet "pffff, elle se plaint tout le temps, elle a toujours mal quelque part, ça ne va jamais, ect ect)
J'ai compris aussi que ce n'est pas un hasard si j'ai vécu tout ça, et que le hasard n'existe pas.
Pour bien s'entendre, pour bien se comprendre, il faut s'écouter, s'aimer, et là, plus personne ne peut vous atteindre. Seule la mort d'un être cher peut encore vous faire mal, le reste , pas d'importance.
Quand j'écris cela, il faut lire "ceux qui veulent me faire mal, là ils vont comprendre à qui ils ont à faire". Une personne qui a souffert, qui souffrira sans doute toute sa vie, mais qui ne veut plus être la victime de l'autre.
J'écris cela aujourd'hui, maintenant, et peut être que ce soir, je serai mal tout simplement parce que j'ai gardé cette fragilité qui fait de moi un être sensible aux mots, sensible aux gestes, sensibles à la vie.
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