"Des ossements et des vêtements ont été retrouvés dans un puits au lieu-dit La Ramée", sur la commune de Bussy-en-Othe, a déclaré Francis Nachbar, le procureur de Charleville-Mézières (Ardennes), où est centralisée l'enquête judiciaire.
"On attend des expertises ADN pour confirmer qu'il s'agit bien du corps d'Isabelle Laville et on aura les résultats dans quelques semaines", a ajouté le magistrat, lors d'un point-presse improvisé à quelques dizaines de mètres du puits.
Le médecin légiste sur place a assuré qu'il s'agissait bien "d'ossements humains", a précisé M. Nachbar. Des "bottines de femme" ont également été remontées à la surface et le père de la victime les a "quasiment" reconnues, a encore indiqué le procureur.
Le père d'Isabelle Laville, très ému, a déclaré à la presse qu'il y avait de "très grandes chances" que les ossements soient ceux de sa fille. Il a ajouté se sentir "soulagé et triste à la fois".
Depuis le début des fouilles, entreprises le 30 juin, quelque trois mille seaux de gravats ont été remontés manuellement du puits, profond d'une trentaine de mètres.
"On va continuer à creuser mais nous sommes presque arrivés au bout", a souligné M. Nachbar pendant que, derrière lui, des pompiers et des gendarmes continuaient à travailler à l'abri des regards, sous un soleil de plomb.
"Après avoir lu dans la presse la description qu'avait faite Fourniret aux enquêteurs de l'endroit où il avait jeté le corps de la jeune fille, j'ai écrit au procureur: +j'ai bien peur d'avoir trouvé chez nous l'endroit que vous cherchez+", a raconté le maire de Bussy-en-Othe, Bernard Rativeau, présent sur place.
Fin avril, Fourniret avait accepté de collaborer lors de la reconstitution de l'enlèvement, du viol et du meurtre d'Isabelle Laville, la seule de ses victimes dont la dépouille n'a pas encore été retrouvée. Il avait alors donné des indications précises évoquant un transformateur en bordure immédiate d'une route et une clairière avec une cabane pour chasseurs.
M. Rativeau s'est souvenu de ce puits désaffecté, sur lequel il avait ordonné de couler une dalle au début des années 1990 "par peur des accidents".
"Après la tempête de 1999, la commune a acheté le terrain, que l'on a déboisé. On a ensuite cassé le transformateur tout proche qui ne servait plus, puis la dalle, et on a jeté tous les gravats au fond du puits", a-t-il ajouté, précisant qu'il existait bel et bien une cabane de chasse dans le bois à proximité.
Actuellement détenu à Châlons-en-Champagne, Michel Fourniret, un Français de 64 ans, est notamment poursuivi pour le meurtre de six jeunes Françaises et d'une adolescente belge.
Son procès, ainsi que celui de sa compagne et complice présumée Monique Olivier, pourrait avoir lieu à la fin de l'année ou au début de 2007 à Charleville-Mézières
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander





Commentaires