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Mercredi 12 juillet 2006

 

Les ossements humains, qui viennent d'être découverts dans un puits à Bussy-en-Othe (Yonne), pourraient être ceux d'Isabelle Laville, 17 ans, que le tueur en série présumé Michel Fourniret a avoué avoir tuée en 1987.

 

"Des ossements et des vêtements ont été retrouvés dans un puits au lieu-dit La Ramée", sur la commune de Bussy-en-Othe, a déclaré Francis Nachbar, le procureur de Charleville-Mézières (Ardennes), où est centralisée l'enquête judiciaire.

 

"On attend des expertises ADN pour confirmer qu'il s'agit bien du corps d'Isabelle Laville et on aura les résultats dans quelques semaines", a ajouté le magistrat, lors d'un point-presse improvisé à quelques dizaines de mètres du puits.

 

Le médecin légiste sur place a assuré qu'il s'agissait bien "d'ossements humains", a précisé M. Nachbar. Des "bottines de femme" ont également été remontées à la surface et le père de la victime les a "quasiment" reconnues, a encore indiqué le procureur.

 

Le père d'Isabelle Laville, très ému, a déclaré à la presse qu'il y avait de "très grandes chances" que les ossements soient ceux de sa fille. Il a ajouté se sentir "soulagé et triste à la fois".

 

Depuis le début des fouilles, entreprises le 30 juin, quelque trois mille seaux de gravats ont été remontés manuellement du puits, profond d'une trentaine de mètres.

 

"On va continuer à creuser mais nous sommes presque arrivés au bout", a souligné M. Nachbar pendant que, derrière lui, des pompiers et des gendarmes continuaient à travailler à l'abri des regards, sous un soleil de plomb.

 

"Après avoir lu dans la presse la description qu'avait faite Fourniret aux enquêteurs de l'endroit où il avait jeté le corps de la jeune fille, j'ai écrit au procureur: +j'ai bien peur d'avoir trouvé chez nous l'endroit que vous cherchez+", a raconté le maire de Bussy-en-Othe, Bernard Rativeau, présent sur place.

 

Fin avril, Fourniret avait accepté de collaborer lors de la reconstitution de l'enlèvement, du viol et du meurtre d'Isabelle Laville, la seule de ses victimes dont la dépouille n'a pas encore été retrouvée. Il avait alors donné des indications précises évoquant un transformateur en bordure immédiate d'une route et une clairière avec une cabane pour chasseurs.

 

M. Rativeau s'est souvenu de ce puits désaffecté, sur lequel il avait ordonné de couler une dalle au début des années 1990 "par peur des accidents".

 

"Après la tempête de 1999, la commune a acheté le terrain, que l'on a déboisé. On a ensuite cassé le transformateur tout proche qui ne servait plus, puis la dalle, et on a jeté tous les gravats au fond du puits", a-t-il ajouté, précisant qu'il existait bel et bien une cabane de chasse dans le bois à proximité.

 

Actuellement détenu à Châlons-en-Champagne, Michel Fourniret, un Français de 64 ans, est notamment poursuivi pour le meurtre de six jeunes Françaises et d'une adolescente belge.

 

Son procès, ainsi que celui de sa compagne et complice présumée Monique Olivier, pourrait avoir lieu à la fin de l'année ou au début de 2007 à Charleville-Mézières

 

par Afp - Laure BRUMONT publié dans : PROCES FOURNIRET FRANCE
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Mercredi 12 juillet 2006

La découverte de restes humains qui pourraient être ceux d'Isabelle Laville, l'une des victimes présumées de Michel Fourniret, va permettre à la justice française de juger dans les prochains mois cet homme présenté comme le plus grand tueur en série français.

 

Après 12 jours de fouille dans un puits de Bussy-en-Othe (Yonne), comblé en 2001, les enquêteurs ont découvert à une profondeur de 25 mètres des ossements et des effets personnels, dont des bottines tressées que le père de la victime a identifiées, a dit le procureur de Charleville-Mézières, Francis Nachbar.

 

"Ma fille a été fauchée dans sa jeunesse. C'est un jour de soulagement et de tristesse mais la page n'est pas encore tournée, elle ne pourra l'être qu'après le procès", a dit Jean-Pierre Laville lors d'une conférence de presse.

 

Le procureur de Charleville-Mézières a déclaré de son côté que le procès de Michel Fourniret et de son épouse et complice présumée Monique Olivier, retardé en raison de ces fouilles, se tiendrait à la fin de l'année ou au début de l'an prochain.

 

Arrêté en juin 2003 en Belgique après avoir enlevé une fillette, extradé vers la France le 9 janvier, Michel Fourniret, 64 ans, est poursuivi pour sept assassinats de jeunes filles, six en France et une en Belgique, entre 1987 et 2001.

 

Des enquêtes continuent sur plusieurs autres crimes qui lui sont imputés en France, notamment dans l'Yonne et en Belgique.

 

Isabelle Laville, une lycéenne de 17 ans, avait disparu le 11 décembre 1987 alors qu'elle rentrait chez elle à pied, à Saint-Georges-sur-Baulche (Yonne).

 

"JEU DE L'OIE MACABRE"

 

Une campagne médiatique intense, à laquelle des joueurs de football de l'AJ Auxerre avaient participé, n'avait rien donné. Le parquet d'Auxerre n'a jamais ouvert d'information judiciaire et les investigations ont duré moins d'un an, avec deux rapports de gendarmerie remis en février 1988 et juin 1988, classés tous deux sans suite en l'absence de résultats.

 

En 2004, Monique Olivier a dit avoir attiré la jeune fille dans la voiture du couple, à la sortie du collège, avant de prendre son époux qui faisait semblant de faire du stop un peu plus loin.

 

Michel Fourniret a déclaré en 2004 avoir jeté le corps de la jeune fille dans un puits "près d'un transformateur EDF", tout en refusant de donner les moyens de le localiser, jusqu'à une confrontation avec le père de la victime en avril dernier.

 

"C'est la fin d'un jeu de l'oie macabre et une victoire de la justice sur Fourniret", a dit mardi Me Alain Behr, avocat de la famille Laville.

 

Les enquêteurs ont fouillé une vingtaine de puits avant d'arriver à celui de Bussy-en-Othe (Yonne).

 

Des analyses génétiques doivent être réalisées par la justice pour parvenir à une identification formelle.

 

Ce crime pourrait avoir été le premier commis par le tueur en série, qui s'était installé fin 1987 à Saint-Cyr-les-Colons, près d'Auxerre, après avoir purgé une peine de prison pour abus sexuels sur mineures.

 

Le corps d'Isabelle Laville était le seul que la police n'avait pas encore retrouvé.

 

Sur les indications de Michel Fourniret, surnommé par la presse "l'ogre des Ardennes", la police française a déjà découvert, le 3 juillet 2004, les corps de deux autres victimes, enterrés dans la propriété qu'il possédait à Donchéry (Ardennes).

 

Obsédé par les vierges, Fourniret aurait agi le plus souvent avec la complicité active de sa femme, visiteuse de prison rencontrée en détention dans les années 80. Remise à la France en décembre 2005, cette dernière est aussi en prison.

 

par reuters publié dans : PROCES FOURNIRET FRANCE
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