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LES PEDOPHILES, LES VIOLEURS......

Mercredi 13 avril 2005 3 13 /04 /2005 00:00

Le docteur Fouchard a exercé pendant vingt-cinq ans à Landivy, commune du Nord-Mayenne de 1300 habitants.

En 1997, une première plainte est déposée contre lui au Conseil de l'ordre des médecins. La principale victime dit avoir subi des attouchements homosexuels dès les premières visites en 1985.

Poursuivi pour viols et agressions sexuelles sur des patients « vulnérables et fragiles » (l'un d'eux a mis fin à ses jours), le docteur Fouchard est condamné le 5 février 2004, par la cour d'assises de Laval, à huit ans de réclusion, l'interdiction définitive d'exercer et la privation des droits civiques pendant dix ans. Il fera appel.

Deux autocars de « supporters » ont fait le déplacement, pour soutenir, non pas les victimes, mais le « bon médecin qui consulte de la tête au pied ».

À la sortie du tribunal, les victimes et leurs familles sont violemment prises à partie, essuyant insultes et crachats.

Un article de Jacques Férandin, dans Le Courrier de la Mayenne, intitulé Hargne, rage, colère et agressivité.

« Le jugement sans équivoque des jurés a plongé l'assistance dans la stupeur. Après un moment de réflexion, les proches de la famille Fouchard - et non le comité de soutien - ont laissé éclater leur colère à l'encontre des victimes. Certains propos ont été particulièrement blessants pour les plaignants du style « c'est répugnant ces gens-là ; c'est sale ». La justice française a aussi été pointée du doigt par les proches du docteur Fouchard qui n'ont pas hésité à parler de complot et d'injustice. Ils ont chanté : « Au secours, président Chirac ! »

« Les forces de l'ordre, qui étaient sur place, n'ont pas eu à intervenir. Les patients du docteur Fouchard venus du nord-Mayenne et de la Manche sont bien vite repartis à bord de leur car, tandis que quelques membres des familles des victimes sont rentrés en silence. L'un d'eux a été particulièrement pris pour cible par la garde rapprochée du docteur Fouchard. Une femme aux cheveux grisonnants lui a même craché aux pieds.

« Agé de 41 ans et chauffeur livreur dans une grande entreprise, le cousin d'une des victimes a tenté d'expliquer aux plus virulents son soulagement. Il n'a guère pu s'exprimer tant il y avait autour de lui de la hargne, de la rage et de l'agressivité. En fuyant, il a juste déclaré : « La femme de mon cousin fondait en larmes chez moi. Mon cousin est incapable d'avoir inventé une telle histoire. Le docteur Fouchard le dominait. La justice a tranché, je suis soulagé, mais mon cousin ne va pas oublier comme cela. »

« Pour Victor Charruel, 68 ans, demeurant à Landivy, qui est un des patients du docteur Fouchard, la justice s'est trompée : « C'est une injustice, c'est une erreur judiciaire. Je ne fais pas confiance aux victimes, elles ne sont pas crédibles. Il y a dix ans, le docteur Fouchard m'avait dit qu'il avait des difficultés à consulter les hommes. Certains patients, m'avait-il dit, quittaient son cabinet en courant. Le verdict est affreux pour quelqu'un qui n'a rien fait. C'est un bon médecin qui consulte de la tête au pied. Rien à voir avec certains rigolos qui exercent aujourd'hui. Avec le style du docteur Fouchard, on vivrait dix ans de plus. »

« Alors que le jugement avait été rendu depuis plus d'une heure, l'estafette des policiers lavallois traversait la foule pour conduire le docteur Fouchard à la maison d'arrêt de Laval. La nuit était tombée depuis longtemps, mais pas la passion. »

Par Jacques FERANDIN - Le courrier de la Mayenne - Publié dans : LES PEDOPHILES, LES VIOLEURS......
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Mercredi 13 avril 2005 3 13 /04 /2005 00:00

Lorsque se produit une agression, vers qui se porte l'aide et le soutien ? Qui protège-t-on naturellement ? la victime ou l'agresseur ?

La logique suppose que l'aide se porte vers la victime. Ainsi répondraient peut-être la majorité des gens. En principe l'agresseur, qui a commis une faute, appelle la sanction, non la protection.

Pour qui a subi l'épreuve du harcèlement moral, la réalité est moins claire. Il apparaît que l'écrasante majorité des victimes de harcèlement au travail sont licenciées. Le harceleur ne l'est pratiquement jamais ; il n'est pas rare qu'il bénéficie d'une promotion.

Aussi la question porte-t-elle sur le comportement réel d'une personne lorsqu'elle dispose du pouvoir d'influer sur les événements, par le fait d'une position hiérarchique, syndicale ou judiciaire, par exemple.

Quel que soit le contexte, entreprise, administration, association, il semble apparaître une réaction inversée : la sanction de l'agression tombe sur la victime ; l'agresseur reçoit un soutien significatif. La victime devient en quelque sorte le coupable. Le coupable est devenu la victime.

Pourrait-on confirmer l'existence de ce phénomène paradoxal par des études expérimentales ? Pourrait-on évaluer son importance éventuelle ?

Dans le principe, oui. Il est possible de concevoir une étude quantitative à la manière des expériences de Milgram sur la soumission à l'autorité, qui ont elles-mêmes marqué leur temps en dévoilant l'ampleur considérable d'un phénomène dénié. Cependant, à la connaissance certes bien limitée de l'auteur, il n'existe pas de descriptions ou d'études significatives publiées dans les revues scientifiques.

Face à ce vide, que faire ? Peut-être commencer par réunir de la documentation, aussi factuelle que possible.

De ce point de vue, les agressions sexuelles constituent un terrain d'investigation privilégié, notamment parce qu'une contrainte morale largement admise y est en jeu, l'interdiction d'imposer des relations sexuelles à autrui par la force ou la manipulation.

Dans le cas de la pédophilie, s'y ajoute l'interdiction d'abuser de la position de supériorité de l'adulte pour rabaisser l'enfant à un rôle de jouet sexuel.

La présence d'une loi morale forte rapproche ces situations du principe des expériences de Milgram, d'où leur intérêt psychologique.

Voici l'exemple d'une affaire de pédophilie présumée, relatée dans un article de Jean-Michel Décugis paru le 18 octobre 2002 dans l'hebdomadaire Le Point. Je l'ai choisi parce que l'enquête de presse s'est étendue à un grand nombre d'intervenants.

« Un instit bien soutenu »


« Pédophilie   la défense de l'instituteur de Cormeilles présumé pédophile est assurée par une association d'enseignants. »

« Le 9 février 2001, l'instituteur de Cormeilles, dans l'Eure, est incarcéré pour « viols et agressions sexuelles » sur ses élèves de CP. La directrice de l'école et l'inspecteur académique sont mis en examen pour « non-révélations ». Cormeilles devient le « village de la honte » pour avoir laissé pendant douze ans « un bon gars » briser l'innocence de dizaines d'enfants. Vingt mois plus tard, alors que l'instruction devrait se clore avant la fin de décembre, les familles sont amères.

« Le 18 juillet 2001, une demande de provision sur indemnisation de 50 000 francs (7 600 euros) formée par Me Terquem, l'avocat des trois familles de victimes, a été rejetée par la cour d'appel de Rouen. « On méprise nos droits », s'indigne une mère qui espérait, avec cet argent, « aider [sa] fille à redémarrer dans la vie. On a l'impression que l'on porte plus d'égard à Lechien, on nous rebat les oreilles avec la présomption d'innocence, mais ma fille souffre depuis un an et demi ». Une décision d'autant plus mal comprise que, selon nos informations, tous les frais de défense de Marcel Lechien, de la directrice et de l'inspecteur académique sont indirectement pris en charge par l'Éducation, via la Fédération autonome de solidarité. Une association avec laquelle le ministère a signé en février une convention collective au nom de la « garantie statutaire », soit une protection juridique offerte aux fonctionnaires. La Fédération, forte de ses 715 000 adhérents, soit 70% du corps enseignant, assure un suivi psychologique aux familles des trois fonctionnaires mis en cause et leur apporte une aide financière, participant aux frais de déménagement d'une d'entre elles. Un soutien dont n'ont pas bénéficié les victimes qui souhaiteraient quitter le village.

« Enfin, alors que les préfectures peuvent mettre en place des conseils départementaux d'aide aux victimes, dans l'Eure, rien de tel n'a été jugé nécessaire. De quoi renforcer le sentiment d'abandon des Cormeillais. « Nous n'avons rencontré qu'une seule fois l'inspecteur académique en un an », déplore Jean Simon, le président de Paroles d'enfants. L'association, créée l'an passé pour « soutenir les victimes », a tenu le 4 octobre son assemblée générale. Ni le maire, ni l'inspecteur académique, ni la nouvelle directrice de l'école, dûment invités, n'étaient présents.

« Côté suivi psychologique, le bilan est aussi sombre. Il y a vingt mois, les 300 anciens élèves - depuis 1989 - de l'instituteur avaient été auditionnés par la gendarmerie et vus par un psychologue. Une démarche sans précédent. Quarante-quatre agressions sexuelles sont imputées à Lechien, dont trois viols supposés. Vingt-huit victimes se sont constituées partie civile.

« Au regard de ces chiffres, le recours des familles aux cellules d'aide psychologique paraît dérisoire. « Jamais une dynamique n'a pu être enclenchée », regrette une psychologue de l'association d'aide aux victimes de l'Eure, mandatée par le ministère de la Justice. Treize parents et huit enfants ont fréquenté par intermittence les séances. Seuls trois poursuivent leur thérapie. »

 

Par Jean-Michel DÉCUGIS - Le Point - Publié dans : LES PEDOPHILES, LES VIOLEURS......
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