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Le docteur Fouchard a exercé pendant vingt-cinq ans à Landivy, commune du Nord-Mayenne de 1300 habitants. En 1997, une première plainte est déposée contre lui au Conseil de l'ordre des médecins. La principale victime dit avoir subi des attouchements homosexuels dès les premières visites en 1985. Poursuivi pour viols et agressions sexuelles sur des patients « vulnérables et fragiles » (l'un d'eux a mis fin à ses jours), le docteur Fouchard est condamné le 5 février 2004, par la cour d'assises de Laval, à huit ans de réclusion, l'interdiction définitive d'exercer et la privation des droits civiques pendant dix ans. Il fera appel. Deux autocars de « supporters » ont fait le déplacement, pour soutenir, non pas les victimes, mais le « bon médecin qui consulte de la tête au pied ». À la sortie du tribunal, les victimes et leurs familles sont violemment prises à partie, essuyant insultes et crachats. Un article de Jacques Férandin, dans Le Courrier de la Mayenne, intitulé Hargne, rage, colère et agressivité. |
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« Le jugement sans équivoque des jurés a plongé l'assistance dans la stupeur. Après un moment de réflexion, les proches de la famille Fouchard - et non le comité de soutien - ont laissé éclater leur colère à l'encontre des victimes. Certains propos ont été particulièrement blessants pour les plaignants du style « c'est répugnant ces gens-là ; c'est sale ». La justice française a aussi été pointée du doigt par les proches du docteur Fouchard qui n'ont pas hésité à parler de complot et d'injustice. Ils ont chanté : « Au secours, président Chirac ! » « Les forces de l'ordre, qui étaient sur place, n'ont pas eu à intervenir. Les patients du docteur Fouchard venus du nord-Mayenne et de la Manche sont bien vite repartis à bord de leur car, tandis que quelques membres des familles des victimes sont rentrés en silence. L'un d'eux a été particulièrement pris pour cible par la garde rapprochée du docteur Fouchard. Une femme aux cheveux grisonnants lui a même craché aux pieds. « Agé de 41 ans et chauffeur livreur dans une grande entreprise, le cousin d'une des victimes a tenté d'expliquer aux plus virulents son soulagement. Il n'a guère pu s'exprimer tant il y avait autour de lui de la hargne, de la rage et de l'agressivité. En fuyant, il a juste déclaré : « La femme de mon cousin fondait en larmes chez moi. Mon cousin est incapable d'avoir inventé une telle histoire. Le docteur Fouchard le dominait. La justice a tranché, je suis soulagé, mais mon cousin ne va pas oublier comme cela. » « Pour Victor Charruel, 68 ans, demeurant à Landivy, qui est un des patients du docteur Fouchard, la justice s'est trompée : « C'est une injustice, c'est une erreur judiciaire. Je ne fais pas confiance aux victimes, elles ne sont pas crédibles. Il y a dix ans, le docteur Fouchard m'avait dit qu'il avait des difficultés à consulter les hommes. Certains patients, m'avait-il dit, quittaient son cabinet en courant. Le verdict est affreux pour quelqu'un qui n'a rien fait. C'est un bon médecin qui consulte de la tête au pied. Rien à voir avec certains rigolos qui exercent aujourd'hui. Avec le style du docteur Fouchard, on vivrait dix ans de plus. » « Alors que le jugement avait été rendu depuis plus d'une heure, l'estafette des policiers lavallois traversait la foule pour conduire le docteur Fouchard à la maison d'arrêt de Laval. La nuit était tombée depuis longtemps, mais pas la passion. » |
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