Neuf mineurs âgés de 14 à 17 ans ont été mis en examen le 13 février 2002, à Roubaix, pour viols en réunion sur une collégienne de 13 ans (de septembre 2001 à janvier 2002), et trois d'entre eux sont également accusés de proxénétisme aggravé et complicité. Cinq des jeunes mis en examen ont été incarcérés, les autres remis en liberté sous contrôle judiciaire.
En janvier 2002, à Villefranche-sur-Saône, deux garçons de 15 et 16 ans ont été écroués, ils violaient une adolescente à l'intérieur même du collège.
L'adolescente, âgée de 14 ans, faisait l'objet depuis plusieurs mois de véritables tortures, morales ou physiques qui allaient s'aggravant au fil des semaines.
L'un des agresseurs avait fait l'objet d'un renvoi, mais revenait régulièrement dans son ancien établissement scolaire, notamment pendant les récréations.
Le procureur a expliqué, le jeudi 31 janvier 2002, que les jeunes n'éprouvaient pas de remords et n'avaient nulle conscience de la gravité de leurs actes.
Une "tournante", c'est un viol collectif. Un "jeune" entraîne sa copine dans une cave et en fait "profiter" toute sa bande. On les appelle "tournantes", mais les jeunes des cités les appellent plus volontiers "plans pétasses".
Considéré comme un phénomène propre aux cités de la banlieue parisienne, le viol collectif ne date pas d'hier et son ampleur est difficile à évaluer. Il y a encore trop peu de témoignages, puisque les jeunes victimes sont retenues par la honte d'une culpabilité, la peur des représailles et la crainte de devoir quitter le quartier. Le phénomène n'est d'ailleurs pas répertorié dans les statistiques de la police et de la justice.
La pratique des tournantes sort peu à peu de la confidentialité, notamment grâce à l'impact médiatique du film La Squale de Fabrice Génestal.
Rien que sur Paris et sa région, la justice est saisie, chaque année, d'une douzaine d'affaires de ce type. Et lorsqu'un procès a lieu, il est difficile pour la victime de se faire entendre.
Les tournantes et, de manière plus générale, les viols commis "en réunion" sont des crimes qui conduisent les auteurs en cour d'assises.
Quand une fille trouve le courage de parler, c'est parfois des mois d'abus qu'elle dévoile. Dans le langage policier, on les appelle les "ultraviolées". Après le procès, la victime retourne au collège, où tout le monde chuchote que c'est une "salope". Les parents subissent des menaces et sont parfois obligés de déménager.
Les affaires récentes de tournantes
Décembre 2001 : A Besançon, quatre jeunes ont été condamnés à des peines de trois à quatre ans de prison ferme pour un viol collectif "en tournante" commis en 1997.
Octobre 2001 : A Perpignan, une fillette de 11 ans est devenue, pendant un an, l'objet sexuel d'une bande de douze collégiens très ordinaires. Six d'entre eux sont incarcérés au quartier des mineurs de la maison d'arrêt de la ville. Beaucoup de collégiens défendent leurs copains, se retournant contre la victime, qualifiée de "pute".
Mai 2001 : A Aix-en Provence, une jeune femme de 36 ans handicapée mentale est victime, le 12 mai 2001, des agissements d'une quinzaine de jeunes Maghrébins issus d'une cité qui compte environ 20 000 immigrés. Violée à maintes reprises, la jeune femme a subi ce que le Code pénal appelle "des actes de torture et de barbarie".
A Trappes, cinq jeunes ont été condamnés par la cour d'assises des mineurs à 5 ans de prison dont 2 avec sursis, deux autres à 5 ans de prison dont 3 avec sursis, pour viols collectifs sur une adolescente de 15 ans.
Nouvelle affaire de "tournante" en banlieue parisienne. La victime, 16 ans, a été violée par des camarades d'un lycée de Sevran. La jeune fille n'est autre que la fille d'un capitaine de police de Seine-et-Marne.
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